Nouveau retournement de situation dans l’affaire de l’interdiction de TikTok aux États-Unis. L’application chinoise indique désormais que les accusations pesant à son encontre sont fausses, alors qu’elle pourrait être bannie du sol américain.

TikTok bientôt bannie aux États-Unis ?

Ces informations proviennent de nouveaux documents judiciaires dans lesquels la société renouvelle sa demande d’injonction face à son éventuelle interdiction outre-Atlantique. Fin septembre déjà, l’application en avait appelé à la justice américaine pour éviter d’être bloquée, le juge Carl Nichols avait alors suspendu l’interdiction, mais pour un court lapse de temps seulement.

Le directeur de la sécurité de TikTok, Roland Cloutier, affirme que le Département du Commerce américain a mal interprété la manière dont l’application stocke et sécurise les données de ses utilisateurs, menant à la situation dans laquelle elle se trouve aujourd’hui. Au mois d’août, Donald Trump a en effet donné 90 jours à TikTok pour trouver un racheteur américain et ainsi se détacher de sa maison-mère, le géant ByteDance, sous risque d’interdiction sur le sol américain. Si un accord a été trouvé avec la société Oracle, la Chine a déclaré qu’elle n’accepterait pas un deal qu’elle juge forcé, alors que les deux pays s’affrontent dans une guerre commerciale de plus en plus acharnée.

Si rien ne change, TikTok sera bannie des États-Unis à partir du 12 novembre 2020.

L’application affirme tout mettre en œuvre pour convenir aux exigences américaines

Selon le Département du Commerce, l’application n’est pas séparée de sa version chinoise, Douyin, ni de ByteDance, ce qui signifie que les données des utilisateurs américains sont stockées en Chine et que le gouvernement du pays y a accès. Une loi oblige en effet les entreprises chinoises à divulguer des informations au Parti communiste si celui-ci en fait la demande. Roland Cloutier va toutefois à l’encontre des autorités américaines en affirmant que ByteDance n’a jamais eu recours à une telle pratique, et que TikTok est « entièrement séparée » de Douyin. Son code source et ses données utilisateurs en seraient par conséquent détachés.

Il déclare par ailleurs que China Unicom Americas fournit de l’électricité et un espace pour les serveurs de ByteDance, mais ne possède en aucun cas accès à ces derniers, contrairement aux dires du Département du commerce. Selon lui, les données utilisateurs sont cryptées et dispatchées sur plusieurs serveurs, les rendant impossibles d’accès. Le directeur de la sécurité de TikTok avance en outre que le code source comprenant des adresses IP chinoises a été supprimé des anciennes versions de l’application, tout comme plusieurs bugs et d’un programme anti-spam qui permettait d’accéder à des données sensibles.

Une audience concernant la demande d’injonction de TikTok est prévue le 4 novembre prochain. L’interdiction de l’application chinoise aux États-Unis semble toutefois difficile à imaginer, alors que les jeunes du pays la préfèrent à son rival made in USA, Instagram.