Ce mercredi 14 octobre 2020, les grands réseaux sociaux américains, Twitter et Facebook, ont décidé de limiter la diffusion d’un article du New York Post accablant la famille Biden. L’article controversé dénote une relation douteuse entre le fils de Joe Biden, Hunter Biden, avec un groupe gazier en Ukraine, lors de ses quatre années professionnelles à l’étranger.

Des documents accablants récupérés illégalement

Le grand quotidien créé en 1801, le New York Post, affirme avoir reçu des documents accablants, dont des messages et des vidéos privées sur Hunter Binder. Ces informations auraient été divulguées par un proche de Donald Trump, Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York. Le journal aurait aussi reçu des copies de mails récupérées illégalement depuis l’ordinateur de Hunter Biden, lorsqu’il l’avait fait réparer dans un atelier, dans l’État du Delaware, en 2019.

L’affaire remonte à 2014 lorsque Hunter Biden travaillait à la société gazière Burisma, en Ukraine. Il y est resté 5 ans et aurait permis à l’entreprise d’échapper à une enquête de corruption, alors même que son père, Joe Biden, était vice-président des États-Unis sous l’ère Obama. L’actuel candidat à la présidence assure ne jamais avoir parlé de cette affaire avec son fils, lorsque ce dernier était en Ukraine.

Lorsque les réseaux sociaux se sont enflammés ce mercredi, de nombreux Républicains ont fait de même, à quelques jours d’une élection d’une haute importance. Josh Hawley, le sénateur du Missouri et membre du parti Républicain, ne s’est pas privé pour aller dénoncer la “partialité” de Facebook. Donald Trump, quant à lui, a réprimandé les actions de Twitter et de Facebook : “C’est si affreux que Twitter et Facebook aient retiré l’article sur les courriels accablants liés à Joe Biden l’endormi et son fils Hunter, dans le New York Post”, a t-il tweeté.

Les réseaux sociaux sont intransigeants face aux piratages

Un responsable de la communication politique de Facebook, Andy Stone, affirme que l’article fait l’objet d’une vérification en amont, avant de pouvoir le diffuser comme cela devrait l’être en temps normal. En attendant les résultats, le réseau social rappelle que la visibilité de l’article du New York Post est accessible sur le site du fameux quotidien. Ce dernier a aussi fustigé Facebook d’être une “machine de propagande” et d’avoir d’abord censuré le contenu avant même de poser des questions.

Twitter a également bloqué le compte de la porte-parole de la Maison Blanche, Kayleigh McEnany, car elle a partagé le fameux article. L’équipe de sécurité de Twitter a affirmé ne pas vouloir partager cet article écrit à partir d’éléments piratés depuis l’ordinateur de Hunter Biden et, qui de plus, enfreint leur politique sur les données personnelles : “Nous ne voulons pas encourager le piratage en autorisant la diffusion de documents obtenus illégalement”.

15 derniers jours déterminants

À la veille d’une élection, les réseaux sociaux luttent activement contre les infox, notamment manipulatrices et racistes. Cette lutte acharnée est d’autant plus difficile lorsqu’on observe un nombre grandissant de personnes (+102%) qui interagissent avec des fausses nouvelles depuis 2016 sur Facebook. De plus, sur même réseau social, les articles “manipulateurs” ont augmenté de 293%.

Cette publication du New York Post visant la famille Biden éclot dans une période charnière à quelques jours de l’élection présidentielle. Les deux prochaines semaines seront déterminantes pour le candidat, en fonction des résultats découverts par service de vérifications des informations.