L’Union européenne se pose en gardien et ambitionne d’aller au delà des amendes. Le Vieux Continent a décidé de placer 20 grandes entreprises Internet sur une ‘liste noire’ comme nous l’apprend le Financial Times. Bruxelles demande une réglementation beaucoup plus stricte : les géants de la Silicon Valley, entre autres, devront être plus transparents sur leur manière de récolter des informations. Elle veut réduire leur pouvoir de marché et s’assurer d’un fonctionnement plus juste. Ce projet veut aussi lutter contre la désinformation et les contenus illégaux sur les plateformes.

Une première en deux décennies

L’Union européenne durcit le ton et veut créer de nouvelles réglementations en ce qui concerne Internet, une première en deux décennies. Un élan politique en faveur d’une réglementation européenne des grandes technologies se précise. Une loi sur les services numériques est d’ailleurs attendue début décembre pour mieux encadrer la responsabilité des plateformes quant au contrôle des contenus qu’ils hébergent.

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Ces grandes entreprises devront modifier leurs pratiques, dont leur manière de récolter les données des citoyens. En effet, cette ‘liste noire’ est basée sur plusieurs critères, dont les revenus de l’entreprise, et son nombre d’utilisateurs. Selon Bruxelles, il est trop ardu de surveiller les activités de ces géants de la Tech, d’où la nécessité d’avoir recours à une méthode plus stricte. Elle estime aussi que l’immense pouvoir de marché qu’ont ces plateformes est contre-productif pour la concurrence, notamment les plus petites entreprises.

« Internet tel que nous le connaissons est en train d’être détruit. Les grandes plateformes sont envahissantes, elles paient peu de taxes et elles détruisent la concurrence. Ce n’est pas l’internet que nous voulions », affirme la source du Financial Times à Bruxelles, donnant le ton des mesures qui entreront en vigueur sous peu.

Relations fragilisées entre Washington et Bruxelles

La démarche controversée de l’UE face aux géants du web va sans doute fragiliser d’autant plus les relations commerciales entre Washington et Bruxelles. Valdis Dombrovskis, le Commissaire européen au Commerce de l’UE, a signifié aux États-Unis de se préparer à des prélèvements supplémentaires sur les exportations vers l’Europe, à moins qu’ils ne retirent les droits de douane punitifs sur plus de 7 milliards de dollars de produits européens.

L’Europe n’est pas la seule à vouloir sévir contre les grandes sociétés, Google est également dans le viseur de son propre pays pour ses pratiques anticoncurrentielles. Le Congrès américain suggère un démantèlement des GAFA après la parution du rapport de la Commission antitrust qui affirme que ces géants sont anti-démocratiques. Ce même rapport affirme également que les géants de la technologie ont abusé de leur pouvoir sur le marché, et qu’ils devraient restructurer toutes leurs activités. D’où l’idée de démantèlement.