Le 12 octobre, le secrétaire d’État chargé du numérique, Cédric O, a annoncé que les contrôles sur le Débit d’absorption spécifique (DAS) exercés par l’Agence nationale des fréquences (ANFR) doubleront. Les équipements munis de la 5G seront particulièrement visés, tout comme les antennes.

La 5G continue de susciter le débat sur un éventuel impact néfaste des ondes sur la santé. En doublant ses contrôles, l’AFNR devrait inspecter 140 modèles téléphones. Ainsi, en 2021 plus de 80% des smartphones les plus utilisés seront vérifiés.

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En 2019, l’AFNR a examiné 3 066 antennes. L’année 2020 devrait se clôturer avec 6 500 inspections. Ces premiers tests se sont avérés positifs, la puissance d’émission serait en moyenne 150 fois inférieure aux normes européennes.

Lundi 12 octobre, une antenne 5G située à Paris sur la place de la bourse a été testée, et les résultats sont également encourageants. Le niveau d’exposition aux champs électromagnétiques radiofréquences a été mesurée à 0,4 V/m, soit bien en deçà de la limite réglementaire de 61 V/m. Afin de pouvoir estimer les impacts de la 5G les contrôles viseront bien entendu les antennes 5G, mais aussi les 2G, 3G et 4G à titre de comparaison. En 2021, 10 000 antennes devraient être vérifiées.

Le contrôle des émissions 5G des téléphones s’effectue en laboratoire

Le DAS est « une valeur qui va s’exprimer en watt par kilo, et, c’est pour résumer, les rayonnements qu’émet un téléphone portable quand il est utilisé », explique dans une vidéo Alain Cartier, le chef du service régional de Nancy de l’AFNR. Le rôle de l’agence est de vérifier que le DAS déclaré par un constructeur est bien celui qui est émis. Elle veille donc à ce que le constructeur ne minimise pas la valeur du DAS qui doit être affiché en magasin. Les valeurs du DAS collectées par l’agence sont publiées en open data sur le site de l’AFNR.

Dans le cas des smartphones, la vérification du DAS se fait en laboratoire sur de faux humains, constitués d’un liquide qui imite le liquide cérébral et le tissu musculaire. Une sonde de champ électrique y est introduite. C’est à partir des résultats de celle-ci, couplés aux paramètres du liquide, que se calcule le DAS. Pour estimer le DAS, le téléphone doit être à sa puissance maximale pendant 100% du temps sur une durée totale de 6 minutes. Trois mesures peuvent être faites : le “DAS tête”, le “DAS tronc” et le “DAS membres”.

Illustration qui explique le “DAS tête”, le “DAS tronc” et le “DAS membres”

Illustration : ANFR

Une fois les résultats connus, si la valeur du DAS ne respecte pas les valeurs maximales définies par les règlements, l’ANFR met en demeure le constructeur qui doit mettre en conformité son équipement. Si après ce premier rappel, la valeur DAS n’est toujours pas respectée, l’ANFR peut restreindre ou interdire provisoirement la commercialisation de l’équipement et rappeler les produits déjà vendus. L’agence peut également infliger une amende qui s’élève au maximum à 7 500 euros et obliger la personne attaquée à publier l’information sur des supports choisis par l’ANFR. Si après ces étapes il y a toujours un manquement, le ministre chargé des communications électroniques peut interdire définitivement la commercialisation de l’appareil.