Dans un rapport daté du 15 septembre 2020, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) donne raison à la Chine dans la guerre commerciale l’opposant aux États-Unis. Quelques semaines après la décision de l’OMC sur les tarifs douaniers, les États-Unis lancent une nouvelle attaque contre la Chine. Cette fois-ci, ce sont les solutions de paiement de Tencent et d’Ant Group – propriété d’Alibaba – qui sont pointées du doigt.

Deux sources proches de la Maison-Blanche ont mis au grand jour des discussions sur des préoccupations pour la sécurité intérieure des États-Unis face au déploiement des systèmes de paiement en ligne d’Alibaba et de Tencent. Les deux sociétés sont membres de la Fédération chinoise des sociétés d’internet (CFIS) dont l’objectif déclaré est de « promouvoir le développement des structures du Parti [communiste] dans l’industrie ». La Chine ayant créé le système de crédit social, l’accès à des données devrait être réfléchi et encadré. Particulièrement quand les données bancaires et personnelles de millions de personnes sont en jeu.

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D’autres craintes portent sur une éventuelle domination chinoise sur les services de paiement digitaux. Ant Group, propriété d’Alibaba et propriétaire d’Alipay, a déposé le 25 août un prospectus d’introduction en bourse sur les places de Shanghai et de Hong Kong. La valorisation d’Ant Group serait de 225 milliards de dollars, ce qui attire bien évidemment des investisseurs, comme l’entreprise américaine de capital-investissement Silver Lake Management.

Toutefois, pour que ces restrictions soient mises en oeuvre, les opposants à Tencent et Alibaba vont devoir apporter une approche juridiquement solide, que ce soit pour être dans les clous vis-à-vis de l’OMC, ou des tribunaux américains. En effet, le 27 septembre 2020, le Juge Carl Nichols a émis une injonction empêchant provisoirement l’interdiction de TikTok sur le sol américain. Le risque pour les États-Unis étant de se faire épingler pour en vouloir avant tout au développement économique des entreprises chinoises, avant de s’intéresser à la protection des données de ses concitoyens.

Élections présidentielles : urgence pour les opposants à la Chine

La discussion aurait eu lieu pendant une réunion à la Maison-Blanche le 30 septembre 2020, mais pour l’instant aucune décision officielle n’a été prise. Ant group, la Maison-Blanche, le Trésor fédéral américain, et le département d’État américain se sont abstenus de commentaires. Donald Trump, récemment hospitalisé après avoir contracté la Covid-19, ne serait pas encore au courant, mais cela ne saurait tarder. Avec l’élection présidentielle étasunienne qui approche et la possible élection de Joe Biden, aujourd’hui en tête dans les sondages, il y a urgence pour les opposants à la Chine.

En effet, sous Joe Biden, la politique étrangère étasunienne envers la Chine pourrait drastiquement changer. Le 17 septembre, lors d’un meeting sur le plateau de CNN, Joe Biden a qualifié la Chine de « concurrent » et la Russie d’« adversaire ». Soit l’opposé de la politique étrangère de Trump. En 2013, lors d’une visite de Joe Biden en Chine, Xi Jinping l’a appelé « mon vieil ami ».

Qualifiée de « deuxième chapitre du livre TikTok » par le journaliste américain David Westin, l’actualité entre la Chine et l’États-Unis promet des rebondissements avant l’élection de novembre.