Un rapport mené par le Parlement britannique conclut qu’il existe « des preuves claires de collusion » entre Huawei et le Parti communiste chinois. En conséquence, les législateurs envisagent d’exiger le retrait des équipements Huawei du réseau 5G d’ici 2025.

Un lien direct entre Huawei et le Parti communiste

Cette conclusion fait suite à plusieurs mois d’enquête et de témoignages auprès d’experts en télécommunications et en cybersécurité notamment. Andre Pienaar, fondateur de la firme C5 Capital, a ainsi affirmé que le gouvernement chinois avait en partie financé Huawei, propos confirmés par un article du Wall Street Journal publié au mois de décembre 2019. Le rapport précise par ailleurs que l’entreprise est « engagée dans diverses activités de renseignement, de sécurité et de propriété intellectuelle ».

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Les politiciens britanniques craignent également les conséquences de la loi chinoise de 2017 qui oblige les firmes du pays à collaborer avec le gouvernement, notamment en transmettant des données sensibles à ce dernier…. même si Huawei a toujours affirmé qu’elle ne s’adonnerait jamais à de telles pratiques.

Des conséquences directes sur les équipements 5G de Huawei

Jusqu’à présent, les recommandations du gouvernement britannique étaient les suivantes : les opérateurs du pays ne peuvent pas acquérir de nouveaux équipements 5G fournis par le géant chinois jusqu’à la fin de l’année, et seront obligés de les retirer d’ici 2027. Cependant, le rapport pourrait changer la donne en avançant cette deadline de deux ans, soit en 2025, si les relations avec la Chine se détériorent davantage, ou que les États-Unis et d’autres alliés l’exigent.

« Il est clair que Huawei est fortement lié à l’État chinois et au Parti communiste chinois, malgré ses déclarations contraires », conclut le rapport. Celui-ci allègue également que Pékin a menacé de couper ses financements dans le programme nucléaire britannique si les équipements de Huawei étaient retirés du réseau 5G au Royaume-Uni.

Le reste de l’Europe pourrait suivre

La réponse de Huawei ne s’est pas faite attendre, l’entreprise jugeant ces affirmations fausses : « Ce rapport manque de crédibilité, car il est fondé sur des opinions plutôt que sur des faits. Nous sommes sûrs que les gens verront à travers ces accusations infondées de collusion et se souviendront plutôt de ce que Huawei a apporté à la Grande-Bretagne au cours des 20 dernières années ».

La réaction du géant de la tech est compréhensible ; cette enquête pourrait avoir des répercussions bien au-delà du Royaume-Uni et atteindre le reste de l’Europe, alors que Huawei a largement investi dans le déploiement de la 5G sur le Vieux Continent et qu’elle risque, en plus, de perdre le marché indien. En France, le son de cloche est similaire pour les équipements Huawei, puisqu’une loi compliquant largement leur achat par les opérateurs, et contestée par Bouygues, a été promulguée en 2019.

L’année 2020 est définitivement compliquée pour la firme. À cela viennent s’ajouter la perte de sa licence Android et l’arrêt de l’approvisionnement en composants électroniques par Samsung.