L’organisme britannique de surveillance données (UK’s data) vient d’adresser une lettre au Parlement Britannique pour lui faire part de son rapport final sur une enquête de grande envergure à propos de la fameuse affaire Cambridge Analytica. Les résultats sont sans appel : les ensembles de données agrégés depuis Facebook ont permis de faire des prédictions sur les électeurs afin de leur proposer les bonnes publicités.

L’objectif final de Cambridge Analytica était bien le ciblage des électeurs

Nous apprenions récemment grâce à Channel 4 News que Trump avait pu cibler des électeurs Noirs-Américains pour les dissuader de voter grâce au travail effectué par les chercheurs de Cambridge Analytica et aux données récupérées depuis Facebook. Aujourd’hui les résultats de la grande enquête du UK’s data ne laissent aucune place au doute. Après une descente dans les bureaux de l’entreprise en 2018, les enquêteurs ont pu récolter 42 ordinateurs portables, 700 To de données, 31 serveurs et plus de 300 000 documents pour analyser dans le détail comment avait fonctionner ce scandale.

Cambridge Analytica a donc bien acquis illégalement les données de plusieurs millions d’utilisateurs de Facebook. En reconstituant la chronologie des événements, l’organisme de surveillance a pu obtenir des preuves de ce qui a probablement eu lieu. Les intentions du Dr. Aleksandr Kogan semblent très claires et il n’y a plus aucun doute là-dessus : l’objectif était bien de cibler les électeurs américains avec des publicités adaptées.

Des données sociologiques et commerciales ont été croisées pour définir des profils

Selon l’Information Commissioner’s Office, il est évident que les chercheurs de Cambridge Analytica ont cherché à agréger des ensembles de données provenant de plusieurs sources pour faire des prédictions sur les données personnelles à des fins de ciblage politique. Les données ont été récoltées auprès de grands courtiers en données commerciales tels qu’Acxiom, Experian ou encore Infogroup. Dans le détail, les données collectées concernait la fréquence de vote, le caractère « républicain » ou « démocratique » probable, la cohérence du vote, un score sur les traits de personnalité du profil.

Alors que des employés de Facebook avaient lancé l’alerte dès 2015, cette nouvelle enquête confirme que des scores ont été utilisés pour identifier des groupes d’individus similaires qui pourraient être potentiellement ciblés par des publicités liées à des campagnes politiques. C’est précisément de cette manière que les faits se sont déroulés. La publicité ciblée était l’objectif final de la collecte de données. Ces révélations sur ce scandale de longue date révèle une nouvelle fois les vulnérabilités systémiques dans nos systèmes démocratiques.