À la suite du bannissement de TikTok en Inde et des différends avec les États-Unis, la Chine ne compte pas laisser le marché étasunien lui glisser entre les doigts. Elle l’a fait savoir lors d’une réunion de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).

Le 2 octobre 2020, lors d’une réunion à huis clos de l’OMC, un représentant chinois a déclaré que les mesures du gouvernement de Donald Trump vis-à-vis de TikTok « sont incontestablement contraires aux règles de l’OMC, restreignent les échanges commerciaux transfrontaliers et violent les principes de base d’un système multilatéral de commerce », selon des propos rapportés par Reuters. Les États-Unis démentent cette version et justifient leurs actions au motif de la sécurité nationale. Pour le pays des GAFA, la collecte des données des utilisateurs étasuniens par une entreprise chinoise, probablement rattachée au gouvernement chinois, représente une menace.

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Le bureau du représentant au commerce des États-Unis et un délégué chinois se sont tous deux abstenus de commentaires. À première vue, la déclaration chinoise sera sans conséquence, à moins que la Chine dépose une plainte auprès de l’organe de règlement des différends de l’OMC.

L’avenir incertain de TikTok

De récentes révélations mettent la lumière sur un lien entre ByteDance, l’entreprise mère de TikTok, et le gouvernement chinois. En effet, selon deux sources proches de la direction de TikTok, Cai Zheng aurait à la fois travaillé pour l’ambassade chinoise en Iran à Téhéran et aurait dirigé la politique mondiale du contenu chez ByteDance. Cai Zheng aurait donc couplé un poste de fonctionnaire et de haut responsable au sein de TikTok, ce qui représente un conflit d’intérêts. La porte est donc ouverte aux suspicions quant à l’éventuelle utilisation par la Chine – pays créateur du crédit social – des données des utilisateurs de TikTok.

La partie n’est pas pour autant perdue pour ByteDance. L’application TikTok devait être bannie des stores américains le 27 septembre 2020, mais elle a finalement été sauvée de l’interdiction de téléchargement par le juge Carl Nichols. Mais elle n’est pas non plus gagnée et l’interdiction totale de l’application est toujours prévue au 12 novembre 2020. Reste à voir si l’entreprise chinoise saura tirer profit de son sursis ou si elle se retrouvera au pied du mur.