Des modérateurs de Facebook travaillant pour le compte de l’entreprise Accenture sont forcés de retourner sur leur lieu de travail, rapporte le média The Verge. Ils dénoncent une injustice et craignent le pire alors que la pandémie de Covid-19 continue de progresser.

Retour au travail obligatoire

L’entreprise a organisé une réunion publique pour annoncer à ses 300 travailleurs contractuels qu’ils devraient retourner sur leur lieu de travail dès le 12 octobre, alors qu’ils étaient autorisés à travailler depuis chez eux depuis le mois de mars suite à la propagation du coronavirus. Accenture est basée à Austin au Texas, État où les cas sont en nette augmentation, et assure que tout sera mis en place pour garantir la sécurité des modérateurs : port du masque obligatoire, quatre personnes par ascenseur, distanciation sociale et prise de température. Ces mesures ne rassurent toutefois pas les travailleurs qui craignent le pire et pointent du doigt l’entreprise. L’un d’entre eux s’est confié à The Verge :

« Toutes les équipes d’Austin et de Californie reviendront en même temps et n’auront pas d’autres options. Nous devons maintenir nos horaires habituaux, même si cela signifie que tout le monde arrivera au bureau en même temps et créera un embouteillage. Lundi, dans une autre mairie, on nous a dit qu’ils ne renverraient « que les employés essentiels » au bureau « lentement », et leur message d’aujourd’hui contredit directement cela ».

Selon eux, il s’agit en effet d’une terrible injustice, car les personnes employées directement par Facebook à Austin peuvent continuer à avoir recours au télétravail. Le réseau social a par ailleurs affirmé que ses salariés travailleraient depuis chez eux jusqu’en 2021.

Des tâches pesantes pour le moral

Accenture n’a pas dévoilé les raisons de cette décision. La modération sur Internet a toutefois été chamboulée par la pandémie. YouTube a par exemple remis ce travail entre les mains d’intelligence artificielles, mais a récemment avoué que les humains étaient plus efficaces. Un porte-parole de Facebook a par ailleurs déclaré que les tâches des travailleurs contractuels ne pouvaient pas être effectuées depuis chez eux car elles nécessitent un matériel sophistiqué.

La pilule est difficile à avaler pour les modérateurs : ils analysent près de 8 000 contenus par jour et doivent faire face à des images particulièrement violentes et dérangeantes, un travail si difficile qu’il provoque chez certains un syndrome de stress post-traumatique. Contactée par The Verge, Accenture assure que le retour au bureau sera fait de manière graduelle, mais les travailleurs s’attendent au pire, leur statut ne leur garantissant ni arrêt de travail, ni prime de risque.