Lundi 14 septembre 2020, Microsoft a annoncé le succès de son projet Natick et donc de son data center aquatique. Au total, 27,6 pétaoctets répartis dans 864 serveurs ont été plongés à environ 36 mètres de profondeur. Après deux ans sous l’eau, le data center de Microsoft a été ramené à la surface.

Immergé dans les eaux de l’archipel écossais des Orcades le 5 juin 2018, l’objectif principal de ce projet est la réduction de l’empreinte carbone des data centers, un succès selon Microsoft. La zone choisie est entièrement alimentée par des énergies renouvelables, principalement du solaire et de l’éolien, mais aussi par des technologies du Centre européen de l’énergie marine, encore en cours d’expérimentation.

“Nous avons été impressionnés par sa propreté”

Le matériel n’a pas été détérioré et a fonctionné sans encombre. Sur les 864 serveurs, seulement 8 ont été retrouvés défectueux. Selon le directeur du projet, Ben Cutler, le taux de défaillance est huit fois moins élevé que pour les centres de données traditionnels. L’explication vient de la pressurisation de la capsule qui bannit l’oxygène au profit de l’azote. Ce gaz étant moins corrosif que l’oxygène, les éléments électroniques sont mieux protégés du passage du temps. Les data centers sont habituellement abîmés par l’humidité, les variations de température et l’oxygène.

Paradoxalement, sous l’eau, le datacenter est parfaitement étanche, la température plus régulière, et l’eau de mer sert de liquide de refroidissement. “Nous avons été impressionnés par sa propreté”, déclare un membre de l’équipe technique, Spencer Fowers. Toutefois, étant donné que la maintenance à 35 mètres sous le niveau de la mer est quelque peu compliquée, le taux de dégradation reste élevé.

Ce type de capsule peut être construit en trois mois, alors qu’un centre traditionnel demande jusqu’à deux ans de construction. Le projet fait donc d’une pierre deux coups. Immergé dans la mer il peut être facilement déployé et refroidi par l’eau de mer, le data center ne nécessite pas d’eau douce. La nouvelle est donc positive pour l’environnement, pour Microsoft, mais aussi pour l’industriel français Naval Group qui a participé à sa construction.

Un bilan écologique mitigé pour le data center

Toutefois, l’impact sur les écosystèmes marins a été peu étudié. Un oubli qui inquiète l’écologiste de l’Université de Portsmouth, Gordon Watson, qui confie au média Verdict :“Si les data center en mer présentent des avantages considérables pour des entreprises telles que Microsoft, les effets de toute structure placée dans l’environnement marin, en particulier celle qui génère localement une chaleur importante, devraient être étudiés”.

La prochaine étape du projet concerne le recyclage les pièces du data center qui ont une durée allant jusqu’à 20 ans. Reste à espérer que les craintes de Gordon Watson auront été prises en considération.