Depuis quelques jours, le géant chinois Alibaba serait en discussion avec la société Grab afin d’y investir 3 milliards de dollars. Cette somme serait destinée à racheter les parts détenues par Uber, et permettraient à la société singapourienne de renforcer ses liens avec des partenaires asiatiques.

Uber détient presque 30% de Grab

La présence d’Uber au capital de Grab remonte au mois de mars 2018. La firme américain avec pris la décision de céder ses services de VTC, mais aussi de livraison de repas (Uber Eats) contre 27,5% de son concurrent asiatique. Un nouveau revers à l’époque pour l’entreprise qui avait dû quitter la Chine face au succès étouffant de Didi Chuxing. Cependant, Uber avait obtenu de faire siéger son PDG, Dara Khosrowshahi, au conseil d’administration de Grab.

Lancée en 2012, Grab opère déjà dans 8 pays d’Asie, et plus de 350 villes. En février 2020, elle était valorisée à 14 milliards de dollars, un chiffre soutenu par les nouveaux secteurs visés par l’entreprise. En effet, à la fin de l’année 2019 les services de transport ne représentaient plus que 50% de ses revenus. La livraison de nourriture, ainsi que les services financiers lui ouvrent de nouvelles perspectives de développement. Cependant, un récent partenariat avec l’entreprise Volocopter pour lancer une flotte de taxis volants pourraient modifier cette tendance.

Quels intérêts pour Alibaba ?

Du côté d’Alibaba, cette prise de participation pourrait être un signe fort sur ses objectifs futurs. Le géant chinois a très peu investi dans les transports jusqu’à aujourd’hui. En dehors de l’Empire du Milieu, sa plateforme ecommerce Lazada est en concurrence directe avec Shopee, soutenue par Tencent. Non seulement Grab pourrait lui ouvrir l’accès à ses quelques 187 millions d’utilisateurs, mais également à une vaste quantité de données. De plus, le développement de services financiers pourrait également l’aider à étendre ses activités.

Malmenée par le développement de Gojek sur ses marchés-clés et la crise sanitaire, Grab se retrouve dans une posture où l’arriver d’un soutien tel qu’Alibaba se présente comme salutaire.