Les chiffres du chômage sont particulièrement scrutés aux États-Unis. 6 mois après l’arrivée de la pandémie de Covid-19 et de ses conséquences désastreuses sur l’emploi, le pays compte quatre fois plus de demandes d’allocations chômage qu’avant que le coronavirus ne vienne bouleverser l’économie en mars. D’après le Wall Street Journal, les signes du ré-emploi commencent à s’essouffler. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme qu’a été prise l’annonce de la création de 100 000 postes par Amazon. Les dernières créations de poste rapportent au moins 15 dollars de l’heure, et Amazon s’est engagé à verser des primes à la signature pouvant aller jusqu’à 1 000 dollars dans certaines villes, d’après le communiqué sortie par la société.

Dave Clark, vice-président senior des opérations mondiales chez Amazon ajoute que leur « expansion s’accompagne également d’un engagement inébranlable en faveur de la sécurité. Collectivement, les nouveaux membres de notre équipe ont déjà suivi plus de 1 200 000 heures de formation à la sécurité, et plus de 500 000 heures supplémentaires sont attendues, afin de garantir qu’en plus d’une livraison rapide et efficace pour nos clients, nous offrons un environnement sûr et moderne à nos employés et partenaires ».

Amazon, une année 2020 record et une diversification dans l’innovation

C’est la quatrième grande vague de recrutements lancée par la firme de Jeff Bezos depuis le début d’année. Les postes seront créés à la fois aux États-Unis et au Canada, pour équiper en forces vives les quelques 100 nouveaux entrepôts qui ouvrent depuis septembre 2020.

Au 30 juin Amazon comptait plus de 875 000 employés, et terminait le second trimestre de 2020 avec un chiffre d’affaire record, en augmentation de 40% par rapport à l’année dernière. Au total, à fin juillet, l’entreprise déclarait avoir créé plus de 175 000 emplois rien que depuis le mois de mars et le début de la pandémie.

Le géant du e-commerce continue également de diversifier ses activités tout en investissant dans les technologies de demain. Fin août, Amazon ouvrait ainsi les portes d’Amazon Fresh, son premier supermarché connecté, équipé notamment de ses chariots intelligents Dash Cart. Une première enseigne physique qui attire l’attention, quand on sait que le succès de la firme s’est avant tout construit pendant plus de 20 ans sur les ventes en ligne.

Ayant également développé des intégrations verticales en investissant dans un service logistique avant-gardiste, Amazon continue de regarder de l’avant. Début septembre, l’entreprise décrochait la précieuse licence de vol commercial auprès de la FAA pour déployer un service de livraison par drone, Amazon Prime Air.

Pour en revenir à son coeur de métier, une place de marché en ligne, la firme de Seattle n’est pas en reste lorsqu’il s’agit de proposer des innovations à ses (potentiels) clients. Fin août, Amazon sortait Room Decorator, nouvel outil permettant de prévisualiser du mobilier chez soi grâce à des technologies de réalité augmentée (RA).

Le géant de l’e-commerce continue de recruter à tour de bras… mais voit aussi des hauts profils quitter le navire

Pour soutenir le train de ses innovations technologiques, l’entreprise avait déjà annoncé recruter 3 500 nouveaux employés courant août. Une vague de recrutement qui visait à accompagner l’extension de ses centres technologiques dans 6 grandes villes américaines (Detroit, Kentucky, Louisville, New York et Philadelphie), un investissement chiffré à 1,4 milliard de dollars. Les postes en question : architectes du cloud, des ingénieurs logiciels ou des data scientists sont bien différents des profils recherchés pour la nouvelle vague de recrutement annoncée.

Pour les 100 000 postes tout récemment annoncés, Amazon explique qu’ils concerneront aussi bien de l’emploi saisonnier que des postes à temps plein. Une centaine de nouveaux entrepôts, centres de distribution et de triage sortiront donc de terre, et bénéficieront bien évidemment de toutes les technologies d’automatisation déjà créées. Une logique qui ne va pas à l’encontre de la nécessité de recruter du personnel humain, comme le précise Alicia Boler Davis, vice-présidente d’Amazon chargée de la satisfaction des clients internationaux : « Nous ne considérons pas cela comme un « ou/ou ». Nous continuerons à déployer la technologie là où elle est appropriée, en commençant par la sécurité et là où nous pouvons améliorer notre fonctionnement global ». Par ailleurs, le géant du commerce en ligne compte aussi créer 7 000 emplois au Royaume-Uni d’ici la fin d’année.

L’ordre de grandeur des campagnes de recrutements affichés par Amazon ne doit cependant pas masquer les ombres au tableau. Au-delà de l’enquête antitrust qui a animé l’été, 2020 a aussi vu 3 des 10 ingénieurs les plus importants d’Amazon quitter la société. Chacun occupait un poste clé dans les projets de la firme. Le dernier en date, Brad Porter, dirigeait tout le département robotique. Son départ faisait suite à celui de Paul Viola, directeur du volet scientifique de la division Amazon Prime Air.