Après avoir annoncé son adhésion à ce Code de bonnes pratiques de l’Union européenne visant à lutter contre les discours haineux en ligne il y a quelques mois, TikTok confirme rejoindre officiellement ce consortium. Cormac Keenan, responsable de la sécurité pour la zone Europe Middle East & Africa (EMEA) a déclaré que les réseaux sociaux doivent prendre leur responsabilité sur un problème aussi important que celui-ci.

Une adhésion sincère ou de façade ?

Ce Code européen a été lancé il y a quatre ans par quelques grandes entreprises technologiques. L’objectif était déjà à l’époque de lutter contre les discours haineux et les contenus illégaux publiés sur le web. Au fil des années leur travail s’es intensifié et les membres de ce regroupement ont commencé à partager leurs bonnes pratiques afin de s’attaquer au problème plus largement. Aujourd’hui, la plupart des géants du web ont adhéré à ce code. C’est notamment le cas de Dailymotion, Facebook, Google, Instagram, Jeuxvideo.com, Microsoft, Snapchat, Twitter, YouTube et depuis peu TikTok.

Par son adhésion, le réseau social détenu par ByteDance souligne sa position de « tolérance zéro ». Le sujet est brûlant actuellement. Il y a quelques mois, plusieurs employés de Facebook ont même entamé une manifestation virtuelle pour protester contre la position de Zuckerberg vis à vis des propos de Donald Trump sur les manifestations pour George Floyd. Facebook avait refusé de supprimer certains contenus pour des raisons de « liberté d’expression ». Vraisemblablement la politique du réseau social diffère en fonction des pays puisque quelques semaines plus tard, Facebook décidait de se plier aux demandes du gouvernement thaïlandais en fermant un groupe qui critiquait le roi du pays.

Un Code européen et bientôt une loi européenne ?

Comme l’a expliqué Cormac Keenan :

« Notre position est claire : tolérance zéro sur les groupes organisés, comme les comptes qui propagent ou sont liés à la suprématie blanche ou au nationalisme, à la suprématie masculine, à l’antisémitisme et à d’autres idéologies fondées sur la haine. Nous supprimons également le harcèlement fondé sur la race et la violence, telles que l’Holocauste et l’esclavage ».

L’objectif ultime du responsable de la sécurité du réseau est « d’éliminer la haine sur TikTok ». Facile à dire, mais dans la réalisation, ce n’est pas si simple. Un défi insurmontable dans notre monde actuel ? Peut-être, mais cela n’empêchera pas TikTok de tout faire pour. L’adhésion au Code européen est aussi une opportunité pour TikTok de se différencier de ses concurrents, même si la plupart d’entre eux adhèrent également à ce Code.

Un Code c’est bien, mais des lois permettraient d’aller encore plus loin. En France, une loi contre la haine en ligne a été adoptée par l’Assemblée nationale en mai dernier. Cette loi oblige les réseaux sociaux à réagir en moins de 24 heures pour supprimer les « contenus illicites » et moins d’une heure dans des cas de contenus faisant l’apologie du terrorisme ou à caractère pédopornographique, sur notification de la police.

Une loi européenne est également à l’étude pour favoriser la concurrence. La vice-présidente de la Commission européenne et chef de la concurrence, Margarthe Vestager, estime qu’en Europe, les marchés en ligne devraient être « des écosystèmes dynamiques, où les jeunes pousses ont une réelle chance de s’épanouir, et non des ateliers fermés contrôlés par une poignée de plateformes de contrôle ». Elle souhaite que n’importe quelle entreprise puisse concurrencer Google ou Facebook.