C’est officiel : le gouvernement chinois annonce vouloir lancer une initiative pour établir des normes mondiales en matière de sécurité des données. Une preuve supplémentaire que la Chine veut être aux manettes de tout ce qui touche au web, pour imprimer sa patte à travers le monde et pouvoir dominer les États-Unis.

La sécurité des données : un débat majeur à travers le monde

Aujourd’hui, chaque région du monde a son propre règlement en matière de sécurité des données sur le web. Si en Europe nous avons le RGPD, en Chine et ailleurs dans le monde les règlements sont beaucoup moins précis et les marques ont plus de liberté pour récolter les données de leurs audiences sur le web. La Chine veut être à l’initiative et proposer ses propres normes pour le monde entier. Ne soyons pas dupes, cette initiative intervient pour contrer les efforts des États-Unis qui visent à persuader leurs alliés de protéger leurs réseaux contre les technologies chinoises. C’est en tout cas ce que rapporte le Wall Street Journal.

Dans le cadre de cette initiative, la Chine demandera prochainement à tous les pays de traiter la sécurité des données « de manière globale, objective et fondée sur des preuves », selon le dires du gouvernement chinois. On peut lire dans les premières lignes du projet que cette initiative invite les pays à s’opposer à la « surveillance de masse contre d’autres États ». Un règlement que la Chine ferait bien d’appliquer pour montrer l’exemple. Les entreprises technologiques seront particulièrement sollicitées. Elles seront par exemple tenues de ne pas installer de « portes dérobées dans leurs produits et services ».

Une initiative orientée contre les États-Unis ?

Le ministre des affaires étrangères chinois, Wang Yi, doit normalement annoncer le lancement officiel de cette initiative pour assurer la sécurité des données, dès aujourd’hui, mardi 8 septembre, à l’occasion d’un séminaire qui se tient actuellement lieu à Pékin sur la gouvernance numérique mondiale. Le gouvernement chinois est déjà à la manœuvre pour tenter de faire adopter cette nouvelle norme mondiale. Certains gouvernements ont déjà été approchés pour donner leur soutien à l’initiative chinoise. Bizarrement, Donald Trump n’a pas encore été consulté…

Ce n’est pas la première que la Chine tente de prendre la main sur un sujet équivalent. En décembre 2019, le pays annonçait vouloir façonner les normes mondiales de la reconnaissance faciale. À ce propos, les grandes entreprises technologiques chinoises que sont ZTE, Dahua et China Telecom ont d’ores et déjà soumis des normes pour façonner une reconnaissance faciale « standard » à l’Union internationale des télécommunications (UIT).

Les États-Unis travaillent sur un projet similaire de leur côté. L’initiative Clean Network a été lancée il y a quelques mois et celle-ci vise purement et simplement à exclure les entreprises technologiques chinoises perçues comme « menaçant la sécurité nationale ». Trump a également évoqué cette semaine l’idée de ne plus du tout faire de business avec la Chine. Selon lui, les États-Unis s’en sortiraient mieux que la Chine si une telle situation devait avoir lieu.