Le 27 mars dernier, via un communiqué sur son blog, Salesforce s’engageait à une période de trêve de 90 jours pendant laquelle aucun plan de licenciement ne serait entériné. Un engagement fort qui est arrivé à expiration fin juin. Deux mois plus tard, voilà que le Wall Street Journal rapporte que les salariés de Salesforce se sont vus notifiés d’un plan de licenciement touchant 1 000 postes.

Salesforce, une vague de licenciement malgré des signaux financiers positifs

Une annonce rapportée le mercredi 26 août, soit deux jours après la publication des résultats financiers de ses comptes trimestriels. Les recettes du second trimestre 2020 sont chiffrées à 5,15 milliards de dollars, soit une hausse de 29% par rapport à l’année passée. Réaction en chaîne, le cours de l’action de Salesforce s’est lui aussi envolé dans des proportions similaires : le bénéfice par action atteint 1,44 dollar, bien au-delà des 67 cents anticipés par les analystes.

Pour l’ensemble de l’année 2020, l’éditeur de logiciel de gestion de la relation client s’attend désormais à un chiffre d’affaires supérieur à 20 milliards d’euros. Des signaux financiers tous au vert, à quelques jours d’une entrée en Bourse en grande pompe. Salesforce ayant en effet été choisi pour remplacer le pétrolier Exxon Mobil au sein de l’indice Dow Jones le 31 août prochain.

Le signal RH lui, est plus confus. Salesforce ayant donc communiqué à ses équipes que 1 000 de ses postes disparaîtront d’ici peu. « Nous réaffectons des ressources pour positionner l’entreprise en vue d’une croissance continue », a confirmé un porte-parole dans une déclaration à CNBC. « Cela implique de continuer à embaucher et à réorienter certains employés pour alimenter nos domaines stratégiques, et d’éliminer certains postes qui ne correspondent plus à nos professionnels ».

Un plan de licenciement construit pour opérer une migration des compétences, tout en accompagnant financièrement les salariés impactés. Ceux-ci se sont vus offrir une échéance de 60 jours pour rebondir en interne en décrochant un nouveau poste. Ils auront ainsi accès à toutes les ressources internes pour amener leurs compétences dans un autre département.

Pour ceux qui resteront le bec dans l’eau à la fin des 60 jours, Salesforce se serait engagé à payer des indemnités de licenciement pendant 6 mois. « Nous les aidons à trouver la prochaine étape de leur carrière, que ce soit au sein de notre entreprise ou une nouvelle opportunité », a déclaré le porte-parole cité par le Wall Street Journal.

La gestion de la relation client est devenue primordiale pour les entreprises

La publication d’excellents résultats financiers de l’un des leaders mondial du CRM souligne bien que la gestion de la relation client est un pan d’investissement essentiel pour les entreprises. Face à une économie mondiale à l’arrêt, bien gérer cet aspect de l’exploitation quotidienne est vital pour maintenir des taux optimaux de rétention et de satisfaction client. « Les entreprises ont réalisé qu’elles ne pouvaient pas différer la mise à niveau des technologies qu’elles utilisent », a expliqué le directeur de l’optimisation des ventes Gavin Patterson lors d’une conférence téléphonique. « Des décisions qui, en temps normal, auraient pris des semaines ou des mois. » En tête de liste des derniers clients signés par la firme, on trouve notamment l’équipementier sportif Under Armour, et le spécialiste des systèmes hifi sans fil Sonos.

Afin d’étendre son champ d’application et proposer à ses clients une plongée dans la visualisation de données, l’année dernière Salesforce avait racheté Tableau pour 15,7 milliards de dollars. Une démarche que le CEO de Tableau Adam Selipsky avait présenté comme étant la volonté de « joindre nos forces avec celles de Salesforce pour améliorer notre capacité à aider partout les gens à voir et comprendre les données ».

Toujours très proactif sur le marché, l’éditeur de logiciel s’est également récemment impliqué dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 en annonçant un partenariat avec Siemens fin juin. Une collaboration inédite qui a pour le but le lancement d’une gamme de produits sans contact, permettant de limiter la propagation du virus au sein des bureaux d’une entreprise.