Le cabinet de conseil spécialisé en analyse de données CB Insight a sorti une cartographie des start-up européennes ayant reçu le plus de financement. La carte identifie pour chaque pays d’Europe, la start-up qui a levé de plus de fonds.

Le cabinet souligne que depuis 2015, ce sont 90 milliards de dollars qui ont été investis dans les start-up tech européennes. Si l’on s’en tient au leader de chaque pays, le montant cumulé pointe à quasiment 9,2 milliards de dollars (en date du 3 février 2020).

La carte des start-ups européenes de CB insight

Infographie : CB Insight

Sur le podium des start-ups ayant levé le plus de fonds, OneWeb, Klarna et N26

Sur la plus haute marche du podium européen, on retrouve l’opérateur de satellites britannique OneWeb, avec plus de 3,4 milliards de dollars levés. La start-up avait attiré l’attention de beaucoup d’observateurs européens ces derniers mois, après que la crise de coronavirus ait fortement impacté ses activités, l’amenant à se déclarer en faillite fin mars. L’opérateur international s’était donné pour objectif d’apporter Internet partout dans le monde, à travers le lancement d’une constellation de minisatellites. Cinq ans après ses premières levées de fonds, la société fondée par Greg Wyler s’est déclarée en faillite le 27 mars, mais espérait susciter intérêt de repreneurs. Un vœu exaucé début juillet, lorsqu’un surprenant tandem anglo-indien annonçait mettre la main sur OneWeb.

Soucieux de préserver sa position dans le domaine spatial, c’est le gouvernement britannique qui a pris les devants, en s’associant avec le conglomérat indien de télécommunication Bharti Global. 1 milliard de dollars ont été mis sur la table pour recapitaliser la société. Avec seulement 74 satellites placés en orbite sur les 650 planifiés aux débuts de OneWeb, la société a encore beaucoup à faire. Le marché des satellites est en tout cas sur une phase d’accélération évidente. Début août, SpaceX devait réajuster ses plans de déploiement de Starlink après une explosion de la demande du nombre de terminaux d’utilisateurs sur son service Internet haut débit.

La seconde place des start-ups les plus financées d’Europe est occupée par la fintech suédoise Klarna. Spécialisée dans le paiement différé depuis 2005, Klarna avait démarré sur le marché en tant que fintech BtoB, avant de pivoter vers une marque BtoC. L’application permet désormais aux consommateurs d’effectuer leur shopping avec un paiement différé, jusqu’à 21 jours après l’achat. Le CEO et cofondateur de Klarna, Sebastian Siemiatkowski explique dans une interview à Forbes qu’en « créant nos options « Achetez maintenant, payez plus tard », sans frais ni intérêts, nous aidions les consommateurs en leur permettant de voir et d’essayer les produits avant de se séparer de leur argent, tout en assumant tous les risques aussi bien pour le consommateur que pour le détaillant. Notre application grand public et notre technologie dorsale offrent aux consommateurs des options qui leur permettent de gérer leurs paiements sans contact, de manière numérique, avec la possibilité d’essayer des articles à domicile et de les retourner sans problème. »

En troisième position, une autre fintech : les allemands de N26. Créée Outre-Rhin en 2013 et débarquée en France en 2016, la néobanque allemande N26 a franchi en début d’année le cap des 5 millions d’utilisateurs. La start-up ne compte pas en rester là, et vise à terme la barre des 100 millions d’utilisateurs. D’après les données de CB Insight, la fintech aurait levé 683 millions de dollars depuis sa création. Les données s’arrêtant en mars, il faudra y ajouter les 100 millions de dollars levés début mai. Le Brexit l’ayant fait quitter le Royaume-Uni, la nouvelle levée de fonds doit lui ouvrir les portes du marché brésilien.

Plus récemment, N26 a aussi fait les gros titres pour des questions de respect du droit social en Allemagne. C’est dans la maison mère qu’un conflit interne entre la direction et les employés couvait depuis plusieurs mois. En jeu, la création d’un comité d’entreprise voulu par les salariés de N26. Contestée par la direction sur le principe que l’agilité de l’entreprise s’en trouverait affectée, l’initiative a pris une tournure juridique. Après l’organisation d’un scrutin avec vote à main levé, le CE est finalement validé, et sauf retournement de situation, devrait voir le jour rapidement.

Le top 8 des start-ups européennes les plus financées

Capture d’écran : CB Insight

Cocorico, le représentant français de la cartographie de CB Insight n’est autre que Blablacar. L’application de covoiturage a levé 449 millions de dollars – et malgré des pertes records pendant la période de confinement (moins de 1% d’activité) – peut compter sur une période estivale bien plus porteuse que prévue. Son directeur général Nicolas Brusson expliquait sur BFM Business que la demande des passagers est en augmentation de 15% par rapport à l’année dernière. La start-up française avait également profité du confinement pour lancer BlablaHelp, application d’entraide entre voisins.

Pour en revenir au reste du classement, sur les 37 start-ups présentées, 8 sont des licornes, dont la valorisation cumulée dépasse les 1 milliard de dollars.