Un récent rapport du groupe Avaaz montre l’influence, négative dans ce cas précis, de Facebook sur ses utilisateurs. Les journalistes à l’origine de cette étude affirment que Facebook représente une « menace majeure » pour la santé publique.

La crise du Covid-19 a accentué le phénomène

Le rapport met en lumière la désinformation sur les sujets liés à la santé sur la plateforme web. En 2020, les fausses informations liées à la santé publique comptabilisent près de 3,8 milliards de vues. Les journalistes mentionnent logiquement un pic au moment de la crise du Covid-19. Selon Facebook les résultats de cette étude ne « reflètent pas les mesures prises ». Un pore-parole a déclaré ceci :

« Nous partageons l’objectif d’Avaaz de limiter la désinformation. Grâce à notre réseau mondial de vérificateurs de faits, d’avril à juin, nous avons apposé des étiquettes d’avertissement sur 98 millions de pièces de désinformation sur Covid-19 et retiré sept millions de pièces de contenu qui pourraient entraîner un préjudice imminent. Nous avons dirigé plus de deux milliards de personnes vers les ressources des autorités sanitaires et lorsque quelqu’un essaie de partager un lien sur Covid-19, nous lui montrons une fenêtre contextuelle pour le mettre en contact avec des informations crédibles sur la santé ».

Selon les résultats de l’étude d’Avaaz, seulement 16% des fausses informations publiées sur le réseau social jouissaient d’une étiquette d’avertissement sur le caractère trompeur du message. Les informations erronées auraient quatre fois plus de vues sur Facebook que les informations provenant de sites officiels, tels que l’Organisation mondiale de la santé. C’est un constat très inquiétant que fait Avaaz. Plusieurs dizaines de pages publiques ont partagé de fausses informations. Le groupe Avaaz estime que près de 28 millions de personnes suivent ces pages.

Une infodémie de santé publique qui aggrave la pandémie

Nous savons désormais que la désinformation sur le web a causé au moins 800 décès et 5 800 hospitalisations. Et ce malgré l’alliance de Facebook et Twitter pour tenter de lutter. Quelques exemples de publications dangereuses pour la santé publique : 4,5 millions de vues pour un article contenant de faux remèdes pour des maladies mortelles, comme l’argent colloïdal pour le virus Ebola. 2,4 millions de vues pour un article affirmant que la quarantaine nuit à la santé publique.

Précisons que l’enquête d’Aval porte sur des comptes provenant des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne et de l’Italie. Selon le directeur d’Avaaz, Fadi Quran :

« L’algorithme de Facebook est une menace majeure pour la santé publique. Mark Zuckerberg a promis de fournir des informations fiables pendant la pandémie. Mais son algorithme sabote ces efforts en poussant une grande partie des 2,7 milliards d’utilisateurs de Facebook vers des réseaux de diffusion d’informations sur la santé. Cette infodémie aggravera la pandémie si Facebook ne détoxifie pas son algorithme et ne fournit pas de corrections à tous ceux qui sont exposés à ces mensonges viraux ».