En novembre 2018, Carlos Ghosn était arrêté au Japon. Alors PDG de Renault-Nissan, l’homme était accusé de fraude fiscale par les autorités. Fin décembre 2019, Ghosn a pris la fuite pour se réfugier au Liban, pays qui ne détient pas d’accord d’extradition avec le Japon. Cette fuite semblait, il y a quelques mois, invraisemblable. Comment Ghosn a-t-il réussi à passer inaperçu ? Il semblerait qu’il ait été aidé par une société privée de sécurité américaine, société qu’il a en partie payée via des Bitcoins, rapportent nos confrères de Clubic.

Ghosn aidé par la complicité de son fils

De procureurs américains rapportent que l’évasion de Carlos Ghosn aurait été, au moins partiellement, financée en Bitcoins. En effet, une transaction de 500 000 dollars, soit 63 bitcoins, a été effectuée par son fils, Anthony Ghosn, via la plateforme Coinbase. Le destinataire de cette transaction serait Peter Taylor. Ce dernier est le fils d’un ancien membre des forces spéciales américaines qui possède aujourd’hui une entreprise de sécurité privée. Les deux hommes pourraient être ceux qui ont aidé à transporter Ghosn dans une malle, au départ du Japon. Visés par des mandats d’arrêts au Japon, tous les deux ont été arrêtés aux États-Unis en mai dernier.

Selon Clubic, les deux hommes auraient reçu 1,36 million d’euros pour organiser l’évasion, cela sans compter la somme versée en supplément à une entreprise de Peter Taylor. Ce dernier, ainsi que son père Michael Taylor, ont reçu les Bitcoins transférés plus tôt cette année par Anthony Ghosn, car les autorités ne sont, aujourd’hui, pas en mesure de saisir des fonds dès lors qu’il y a usage de cryptomonnaie.

Des fonds insaisissables

L’avantage proposé par l’usage de Bitcoins est qu’une fois une transaction effectuée, ici un virement, les fonds sont insaisissables sans l’accord de leurs propriétaires. Dans ce cas de figure, la stratégie adoptée se tient donc puisqu’au moins une partie du paiement restera intouchable. Les 500 000 dollars transférés en Bitcoins seraient la dernière partie du paiement convenu entre la famille Ghosn et l’entreprise de sécurité américaine. La transaction a été effectuée entre janvier et mai, peu de temps avant l’arrestation des deux américains donc et surtout, après l’évasion de Ghosn.

Les deux hommes sont désormais accusés d’avoir soutenu Ghosn et donc poursuivis par la justice japonaise. Reste maintenant à savoir si Anthony Ghosn, l’émetteur de la transaction, sera inquiété, lui aussi, par la justice ou non.