Un rapport de la société de sécurité FireEye a mis en lumière une campagne de désinformation massive visant à discréditer l’OTAN, ainsi que les troupes américaines en Pologne et dans les pays baltes. Baptisée “Ghostwriter”, cette opération a débuté au mois de mars 2017 et consiste à publier de faux contenus d’actualité sur différents supports, des médias sociaux jusqu’aux sites d’information pro-russes. Plus inquiétant encore, des hackers auraient piraté les systèmes de gestion de contenu de véritables sites d’information pour y publier de fausses actualités.

Ghostwriter : quand des hackers infiltrent les médias

Les attaques menées dans le cadre de la campagne de désinformation Ghostwriter ont ciblé des sites médiatiques originaires de pays comme la Pologne et la Lituanie. En pénétrant les systèmes de gestion de contenu, les hackers ont écrit et publié de fausses informations concernant des agressions militaires américaines, la propagation du coronavirus par les soldats de l’OTAN ou encore la planification de l’invasion du Belarus par l’Alliance atlantique, pour ne citer que ces exemples. John Hultquist, directeur des renseignements de FireEye, explique :

“Ils répandent ces histoires selon lesquelles l’OTAN est un danger, qu’ils en veulent aux habitants, qu’ils sont infectés, qu’ils sont des voleurs de voitures. Et ils diffusent ces histoires par divers moyens, dont le plus intéressant est le piratage des sites web des médias locaux et leur implantation.”

Malgré son enquête, l’entreprise FireEye explique ne pas savoir exactement comment les hackers sont parvenus à voler les identifiants leur donnant accès aux systèmes de gestion de contenus des médias. De même, la société ne sait pas non plus exactement qui se cache derrière cette campagne de désinformation massive. Toutefois, John Hultquist souligne le fait que cette opération ne semble pas motivée par des raisons financières, ce qui indiquerait, selon lui, un soutien politique ou étatique.

L’homme pense notamment à une possible implication russe en raison de la ligné éditoriale choisie qui mise sur la création d’un fossé entre l’OTAN et les citoyens d’Europe de l’Est. Il indique : “Nous ne pouvons pas établir de lien concret avec la Russie pour l’instant, mais c’est certainement conforme à leurs intérêts. Ce ne serait pas une surprise pour moi si c’est là que les preuves nous mènent“.