Voici la première réponse au boycott dont Facebook est victime depuis plusieurs semaines. Le géant des réseaux sociaux annonce qu’il va intégrer la recherche des préjugés raciaux dans son algorithme pour lutter contre les inégalités sur le web. Le Wall Street Journal rapporte que Facebook et Instagram seront concernés par ces changements.

S’agit-il d’une première réponse au boycott des annonceurs ?

Depuis plusieurs années, de nombreux chercheurs alertent l’opinion publique sur la diffusion de nombreux contenus racistes ou favorisant le racisme. D’un autre côté, plusieurs spécialistes affirment que l’intelligence artificielle peut favoriser la discrimination. Ethical Bias Check a même lancé une nouvelle fonctionnalité pour lutter contre ce fléau sur le web. Facebook se sert justement de l’intelligence artificielle pour gérer au quotidien l’expérience de ses 2,5 milliards d’utilisateurs.

Suite à la parution de preuves laissant penser que les algorithmes de Facebook font de la discrimination de la sélection du contenu, l’entreprise décide de corriger le tir. Il aura fallu plusieurs années pour que Facebook décide finalement de modifier son algorithme dans ce sens. De nouvelles équipes déployées un mois après le début de ce fameux boycott publicitaire organisé par plusieurs grandes entreprises dont Adidas, Microsoft ou encore Ford, qui décident de ne plus sponsoriser leurs publications.

Peut-on réellement lutter contre les préjugés raciaux avec un algorithme ?

Un manque à gagner énorme pour le réseau social. Le bilan est d’ailleurs déjà très lourd : l’entreprise de Mark Zuckerberg a perdu en une seule journée 56 milliards de dollars de valeur en bourse, soit une chute des actions de 8,3%. Même si cette initiative est une bonne chose sur le papier, les spécialistes sont convaincus que Facebook aura certainement beaucoup de mal à régler ce problème de discrimination. Ils expliquent que dans la plupart des cas, les préjugés raciaux sont présents dans les données des contenus et qu’il n’y a pas de moyens efficaces pour les supprimer.

Une action positive de la part des algorithmes est également controversée. C’est une stratégie anti-discriminatoire plus large que Facebook devrait mener pour arriver à ses fins. Les spécialistes affirment que le réseau social doit s’attaquer directement aux personnalités qui diffusent des contenus racistes, ou aux groupes suprémacistes blancs comme ce fût le cas en mars 2019 après la diffusion en live de l’attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande.