Le 20 juillet, les Émirats arabes unis ont envoyé dans l’espace leur sonde spatiale depuis la pointe sud du Japon. Un vaisseau de la taille d’une voiture qui file en direction de Mars. C’est la première mission interplanétaire pour le pays et la première étape d’un projet spatial extrêmement ambitieux, qui vise à étudier les conditions météorologiques sur la planète rouge.

Hope doit analyser le climat de la planète rouge

Al-Amal, le nom du vaisseau envoyé par les Émirats arabes unis qui signifie “espoir”, a décollé à bord d’une fusée japonaise, la H-IIA. Pendant les sept prochains mois, la sonde va voyager dans l’espace en direction de Mars. Al-Amal atteindra son objectif en février 2021. À ce moment-là, la sonde tentera de se placer en orbite pour analyser l’atmosphère et le climat de la planète rouge. C’est un projet de longue date pour les Émirats arabes unis. Les chercheurs du pays y travaillent depuis 2014.

En décembre 2021, le pays célébrera les 50 ans de sa fondation. L’équipe d’ingénieurs derrière le projet a tout fait pour s’assurer que Hope soit en orbite avant cette date anniversaire. Si le lancement a eu lieu cet été, ce n’est pas un hasard. Nous sommes actuellement dans une période où la Terre et Mars se rapprochent.

Cet alignement planétaire ne se produit qu’une fois tous les 26 mois. Il fallait absolument que le vaisseau spatial décolle cet été. C’est pour cette raison que la Chine prévoit aussi d’envoyer un Rover sur Mars dans les prochaines semaines et que l’astromobile Perseverence de la NASA devrait elle aussi être lancée en direction de la planète rouge.

Un grand pas pour les Émirats arabes unis

Pour le moment il semblerait que tout se soit passé comme prévu. Le voyage est très long et ce n’est pas si simple d’atteindre la planète rouge. Les Émirats arabes unis suivront de près les péripéties de leur vaisseau spatial. Le pays a de grands projets pour conquérir l’espace. Nous savons par exemple qu’à terme, Dubaï veut construire une “cité scientifique” dans le désert pour reproduire et préparer les conditions de vie sur Mars.

Certains patriotes ne cachent pas leur enthousiasme. C’est notamment le cas de Yousef Al Otaiba, ambassadeur des Émirats arabes unis aux États-Unis :

“Ce projet représente des années de travail acharné et de dévouement qui portent largement leurs fruits aujourd’hui. Grâce aux efforts de l’équipe de la mission, le premier vaisseau spatial des Émirats arabes unis, qui il y a six ans n’était qu’un concept, une simple idée, vole maintenant dans l’espace, bien en route vers une autre planète. C’est un énorme accomplissement. Mais ce n’est qu’un début”.

Comme l’explique Omran Sharaf, le chef de projet de la mission Mars Emirates, le gouvernement nous a demandé de construire un vaisseau par nos propres moyens, dans un budget limité (200 millions d’euros). Les chercheurs des Émirats arabes unis se sont associés à plusieurs institutions dont l’université du Colorado à Boulder, l’université d’État de l’Arizona et l’université de Californie à Berkeley. L’objectif était de profiter de leur expérience dans la conception d’équipements pour les sondes spatiales. Ce lancement représente une grande victoire pour le pays.