La Child Rescue Coalition est une organisation à but non lucratif qui mobilise plus de 8 500 enquêteurs. Tous sont chargés de surveiller l’activité des délinquants pédopornographiques, qu’ils soient déjà connus ou non des autorités. Pour cela, ils utilisent une technologie particulière nommée Child Protection System, mais celle-ci serait aujourd’hui plus efficace si l’organisation collaborait avec les réseaux sociaux. Cela pourrait renforcer son efficacité pour détecter les personnes malveillantes. Cependant, cela ne plait pas aux défenseurs de la liberté numérique.

Child Protection System, un logiciel encore plus fort grâce aux réseaux sociaux ?

Dans son article, NBC News illustre ses propos avec le cas de Tay Christopher Cooper, un ancien professeur d’histoire, intercepté en décembre 2016 et arrêté en avril 2018, à son domicile. Les forces de l’ordre avaient retrouvé et saisi, à son domicile, des ordinateurs et disques durs contenant plus de 11 600 photos et vidéos d’abus sexuels envers des enfants. Le délinquant avait été intercepté grâce au logiciel Child Protection System, créé par la Child Rescue Coalition pour surveiller les pédophiles en ligne. Les agents de l’organisation avaient ainsi pu analyser les partages de fichiers et discussions auxquelles prenait part l’ancien professeur à la retraite.

Le logiciel Child Protection System semble donc être un outil plutôt efficace puisqu’il a permis, ces 10 dernières années d’arrêter pas moins de 12 000 personnes. Selon Dennis Nicewander, avocat, ce système de protection à l’enfance « a eu un effet plus important pour nous que n’importe quel outil jamais créé. Ils l’ont rendu tellement automatisé et simple que les criminels ne peuvent que s’attendre à être arrêtés ». Et si le logiciel est mis à disposition des autorités de façon gratuite, aujourd’hui, la Child Rescue Coalition recherche des partenariats avec les plateformes sociales en ligne. L’organisation vise particulièrement Facebook et un site de réservation de baby-sitting. Tous les deux seraient des outils supplémentaires pour recensés et faire arrêter des délinquants supplémentaires. Le logiciel permettrait sur ces plateformes de déterminer si des personnes entrant en contact avec des mineurs téléchargent dans le même temps des images à caractère illégal.

Finalement, même si le logiciel semble fiable et efficace, on se rend ici compte qu’avec des partenariats et ainsi la participation de différentes plateformes, il permettrait de lutter encore plus contre les délinquants pédopornographiques. La collaboration des plateformes pourrait permettre d’éviter certains soucis, comme le blocage de certaines applications. Tumblr a vécu cela il y a maintenant deux ans. L’application avait été bloquée sur l’Apple Store, car elle contenait des contenus sensibles.

Le logiciel de surveillance de la pédocriminalité inquiète les défenseurs de la liberté numérique

La surveillance de masse, voilà ce qui pose problème à certains experts en libertés civiles des États-Unis. Ils se disent préoccupés par la technologie utilisée par ce logiciel. Selon eux, Child Protection System ouvre à une surveillance de masse et devraient de fait être soumis à une surveillance renforcée et des tests indépendants à l’organisation qui l’a créé. Selon Sarah St.Vincent, une avocate spécialisée dans les droits numériques, « Il y a un risque la horreur viscérale de la maltraitante des enfants nous aveugle face aux préoccupations des libertés civiles. Des outils comme celui-ci donnent beaucoup de pouvoir et de discrétion au gouvernement. Il faut des contrôles et des sauvegardes vraiment soldes ».

Face à ces remises en cause de son logiciel, la Child Rescue Coalition affirme que les données récoltées à propos des délinquants sont supprimées ou déplacées dans des fichiers chiffrés afin d’assurer la sécurité du stockage.