TikTok a annoncé la suppression de 29 000 vidéos contenant de fausses informations sur le covid-19 en Europe. L’application chinoise emboîte ainsi le pas de ses concurrents en renforçant sa politique de lutte contre la désinformation, mais il est fort probable que des contenus passent entre les mailles du filet.

Un contexte propice à la désinformation

Le contexte international, et plus particulièrement la pandémie, est très propice à la circulation de fausses informations. Le taux de fake news relatives au coronavirus est tel que les géants du Web ont été contraints de prendre le taureau par les cornes pour lutter contre leur diffusion. Aux États-Unis, YouTube a ainsi lancé un outil de fact-checking destiné aux vidéos concernant le covid-19. De même, Twitter a introduit des étiquettes pour prévenir ses utilisateurs de propos faux ou douteux. Facebook a également pris des mesures, notamment en refusant de mettre en avant des publicités faisant la promotion de remèdes miracles contre la maladie.

TikTok a recours à une alternative similaire à celle de Twitter ou de YouTube : une bannière menant vers des informations vérifiées apparaît sur les vidéos contenant des mots, des hashtags ou de la musique à propos de la pandémie. L’entreprise a d’ailleurs affirmé que cet outil avait été ajouté à près de 7 millions de vidéos, et ce uniquement en Europe. Elle a par ailleurs supprimé 29 000 vidéos comportant de fausses informations sur la maladie, 3 000 d’entre elles faisaient de la désinformation médicale. Selon Theo Bertram, directeur européen des relations gouvernementales et des politiques publiques chez TikTok, ces derniers chiffres sont plutôt bas :

« Sur la base de notre analyse, notre conclusion générale est que nous avons vu de faibles niveaux de contenus violant nos règles communautaires relatives au Covid-19 en Europe. Le nombre total de vidéos liées au virus ainsi que celui de vidéos qui ont violé nos politiques ont atteint un pic en mars 2020, ont diminué en avril 2020, et ont chuté de manière significative en mai et juin 2020 ».

TikTok veut redorer son image

Cette annonce intervient peu après que TikTok ait publié son nouveau rapport de transparence dans lequel elle indique avoir supprimé 49 millions de vidéos pour enfreinte de ses règles communautaires, sur la période de juillet à décembre 2019. La majorité de ces contenus mettait en avant de la nudité et des actes sexuels. Après de vives critiques, l’entreprise chinoise souhaite redorer son image et luttant contre la désinformation, elle a par exemple signé le code de bonne conduite de l’UE en juin dernier.

La tâche s’avère toutefois très difficile selon une spécialiste de la BBC. En effet, les algorithmes mystérieux de TikTok rendent la recherche de vidéos sur tel ou tel sujet difficile et des fake news continuent de proliférer sur l’application, à l’image de l’infox sur la 5G et le coronavirus. Les prochains mois vont être déterminants pour savoir si TikTok ainsi que les autres réseaux sociaux disposent des outils nécessaires pour combattre le fléau de la désinformation : ils précéderont en effet les élections présidentielles américaines.