Le Japon met beaucoup beaucoup d’argent sur la table pour inciter ses entreprises à investir dans la production nationale. 57,4 milliards de yens, l’équivalent de 470 millions d’euros, viennent d’être débloqués. Le gouvernement japonais veut convaincre ses entreprises de réduire leur dépendance à l’égard des usines chinoises.

Le gouvernement japonais veut relocaliser sa production

Le gouvernement japonais aimerait que ses entreprises investissent dans des usines au Japon et en Asie du Sud-Est. Les dirigeants du pays ne se cachent pas de leur objectif final : pouvoir être totalement autonome vis à vis de la production chinoise et ne plus faire fabriquer dans les usines de l’empire du milieu. 57 entreprises sont concernées par des subventions qui les inciteront à produire au Japon. 30 autres recevront également des aides pour délocaliser leur production au Vietnam, au Myanmar, en Thaïlande et dans d’autres pays du sud-est asiatique.

Cette idée n’est pas nouvelle au Japon. Déjà en mars, le Premier ministre Shinzo Abe déclarait que le Japon devait tout faire pour ramener des usines de production chez lui ou au pire, diversifier sa production dans d’autres pays pour ne pas dépendre uniquement de la Chine. En juillet 2019, Nintendo affirmait déjà sa volonté de délocaliser la production de ses produits vers le Vietnam. La console Switch est par exemple depuis fabriquée dans ce pays d’Asie du Sud-Est.

Le monde entier s’apprête-t-il à tourner le dos à la Chine ?

Les subventions prévues par le gouvernent japonais doivent permettre aux entreprises du pays d’amorcer une transition pour transférer leurs usines dans leur pays. Le monde entier cherche à délocaliser sa production hors de Chine. L’entreprise Sonos a également pris cette décision il y a quelques mois. L’entreprise expliquait en décembre 2019 que les produits Amp et Port seront désormais fabriqués en Malaisie. Parallèlement à ce changement, Sonos assume totalement une augmentation de ses tarifs : 580 euros pour l’Amp et 400 euros pour le Port, soit 45 euros de plus que leur prix de base.

La crise du Covid-19 a affaibli les liens économiques entre la Chine et le Japon. Alors que le gouvernement de Shinzo Abe tente depuis des années d’améliorer ses relations avec la Chine, depuis les émeutes anti-japonaises de 2012, le gouvernement chinois ne semble pas très réceptif. Les deux pays se livrent actuellement un conflit territorial sur des îles en mer de Chine orientale. De quoi saper les efforts des japonais et les pousser à relocaliser leur production.