Selon d’anciens responsables ayant travaillé pour les services secrets américains, Donald Trump a donné beaucoup de liberté à la CIA pour mettre en place des opérations de cyber-espionnage, sans restriction. Plusieurs grandes cyber-attaques ont depuis été menées contre des adversaires géopolitiques, comme l’Iran ou la Russie. Yahoo! News vient de révéler cette autorisation secrète délivrée par le président Trump en 2018 qui a certainement accéléré le cyber-espionnage depuis plusieurs années.

La CIA a la liberté de décider qui attaquer

Cette autorisation a permis à la CIA d’éviter de subir les nombreuses restrictions administratives qui peuvent généralement se mettre en travers de sa route. Concrètement, l’accord présidentiel a permis à la CIA d’autoriser plus facilement ses propres opérations secrètes, plutôt que d’attendre l’approbation de la Maison Blanche. Une étape de validation en moins qui peut tout changer.

L’administration Trump n’a vraisemblablement pas le même raisonnement que les précédents gouvernements qui se concentraient sur un objectif ou un résultat spécifique de politique étrangère, comme par exemple empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire. L’autorisation présidentielle a permis à la CIA d’être très agressive et de mener un cyber-combat face à une poignée de pays adverses. Des pays comme la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord étaient directement ciblés par les attaques américaines.

Selon un ancien fonctionnaire de l’agence du renseignement :

« La Maison Blanche cherchait un moyen de riposter aux grandes cyber-attaques. C’est cette décision qui a permis d’aller plus loin et de mettre en place des cyber-attaques beaucoup plus rapidement et de manière plus agressive ».

Un pouvoir dangereux ?

La CIA a donc beaucoup plus de pouvoir depuis l’ère Trump. Un pouvoir qui n’est pas forcément sain selon les personnes qui ont décidé de témoigner de manière anonyme. Au contraire, ils estiment que cette directive secrète ouvre la voie à aux attaques offensives qui risquent de produire des perturbations. On se souvient par exemple d’une cyberattaque contre l’Iran en 2019 durant laquelle les États-Unis avaient piraté le service de propagande iranien. Une attaque présentée comme une réponse directe aux frappes qui ont affecté l’Arabie Saoudite le 14 septembre 2019.

Avant que Trump ne donne son accord pour que la CIA ait plus de liberté, l’agence ne pouvait quasiment pas attaquer des entités comme les médias, les organisations caritatives, les institutions religieuses ou les entreprises. Aujourd’hui, si la CIA estime que ces entités travaillent pour le compte des services de renseignement étrangers de leurs adversaires, elle peut lancer des cyberattaques sans passer par la case Maison Blanche. Un autre témoin a déclaré que :

« Avant, il fallait des années de signaux et des dizaines de pages de renseignements pour montrer qu’une entité était bien de mèche avec les services de renseignement d’un pays. Maintenant, tant que vous pouvez montrer qu’il semble vaguement que l’organisation caritative travaille au nom de ce gouvernement, alors vous êtes bon ».

Il semblerait que la CIA n’ait pas perdu de temps pour exercer cette liberté acquise grâce à Trump. Depuis 2018 et la signature de ce décret secret, l’agence aurait mené au moins une douzaine d’opérations en attente…