Dans un communiqué commun publié le 9 juillet, le Bureau du commissaire à l’information australien (OAIC) et le Bureau du commissaire à l’information britannique (ICO) ont annoncé lancer une enquête contre Clearview AI. La discrète entreprise de reconnaissance faciale a fait l’objet d’un article du New York Times où il était révélé qu’elle avait récupéré librement jusqu’à 3 milliards de photos sur le Web et les réseaux sociaux.

Les géants du Web n’apprécient pas que les images de leurs utilisateurs soient récupérées

Une enquête préliminaire de l’OAIC et ICO a convaincu les organisations de poursuivre leurs investigations contre Clearview AI. Les deux autorités veulent se pencher sur les pratiques de traitement de l’information cette entreprise fondée par un Australien, en particulier sur la technique d’extraction (scraping) et la biométrie. Le scraping c’est cette technique qui a permis a Clearview AI de récupérer autant de photo sur le net.

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Son logiciel de reconnaissance faciale les utilise pour identifier des criminels dans la plupart des cas. Plus de 600 organismes avaient le logiciel en janvier, en majorité située aux États-Unis. Une fuite de document avait également révélé que les services de Clearview AI était exploité dans des pays ou les droits humains sont bafoués.

Les révélations du New York Times avaient été très mal reçues à l’époque. Les géants du numérique se sont offusqués de voir les photos publiques de leurs utilisateurs récupérées et exploitées de la sorte. À cela s’ajoutent les risques face à la sécurité visiblement défaillante de l’entreprise. Aux États-Unis la justice s’intéresse de près sur la légalité des activités de Clearview AI et un recours collectif a été déposé par des citoyens de l’Illinois.

Pour Clearview AI les photos ont été grattées « selon les lois en vigueur »

L’OAIC et ICO ont expliqué qu’il ne ferait pas davantage de commentaire sur une enquête en cours. Contacté par le site Engadget, le PDG de Clearview AI, Hoan Ton, a déclaré « Clearview AI recherche des photos accessibles au public sur Internet conformément aux lois en vigueur. Elle est utilisée pour aider à identifier des suspects. Sa puissante technologie n’est actuellement pas disponible au Royaume-Uni et en Australie. Les personnes de ces pays peuvent s’en désinscrire. Nous continuerons à coopérer avec l’ICO du Royaume-Uni et l’OAIC d’Australie ». L’enquête devra déterminer si le réemploi de photos publiques par une entreprise est légal ou non.