Chez Adobe, le temps, c’est de l’argent : quoi de mieux que l’intelligence artificielle pour recommander automatiquement des images et des titres pour votre blog ? C’est ce qu’ont présenté des employés d’Adobe à leur sommet annuel (virtuel, pandémie oblige) dans le cadre du programme Adobe Sneaks, qui vise à faire émerger des nouvelles idées sous formes de démos.

L’histoire d’amour entre Adobe et l’intelligence artificielle ne date pas d’hier : solutions intelligentes pour Photoshop, détection des images retouchées, copie de style de photos… En utilisant la technologie Adobe Sensei, ce programme permet pour un blog de proposer à son créateur des images et des textes de présentations, différents selon les publics. Ces aperçus peuvent être prévisualisés et modifiés pour chaque audience, notamment grâce à un “quality score”. Ce score est notamment utilisé pour le référencement Google, même s’il n’est pas une solution miracle.

Interface proposée par Adobe pour la création de titres grâce à l'IA

Image : Adobe

Cet outil a été conçu, selon Hyman Chung, chef de produit senior pour Adobe Experience Cloud, pour les créateurs de contenus et les spécialistes du marketing qui auraient vu leur audience et trafic augmenter pendant le confinement. Pour ces créateurs, l’intelligence artificielle leur permettrait de travailler moins, tout en cherchant à engager les lecteurs.

De la recommandation d’articles aux deep fakes : l’IA appliquée aux créateurs de contenus

L’usage de l’intelligence artificielle dans le marketing ou la promotion de certains contenus (comme ceux de la presse) pose de nombreuses questions éthiques : bien loin de l’image des journalistes robots, l’usage de l’IA est de plus en plus courante, notamment dans les médias ou sur les sites commerciaux. Selon une étude de Reuters, 59% des médias utilisent l’intelligence artificielle pour recommander des articles ou prévoient de le faire. En effet, en se basant sur les habitudes des lecteurs, la recommandation de certains contenus augmente le trafic et améliore le référencement.

Si la présence de robots rédacteurs ou des outils de détection de personnes sont rarissimes dans la presse, l’usage de l’IA pour certains sites de contenus se fait au travers de détection de tendances sur les réseaux sociaux, ou encore par l’analyse massive de données, comme dans le cas des Panama Papers. Cependant, ces outils sont utilisés dans l’objectif de faciliter le travail des créateurs de contenus, publicitaires ou journalistes, de l’édition à la recherche documentaire, en passant par la traque aux fausses informations. Mais la machine ne fait pas tout : l’intervention humaine est parfois nécessaire pour capter certaines nuances. Facebook a ainsi recruté quatre journalistes de Reuters pour analyser les deepfakes, afin d’aider l’algorithme du réseau social. Adobe a d’ailleurs affirmé que si son programme de recommandation de photos et de titre donnait une idée des capacités d’une IA, il ne visait pas à changer le contenu des blogs en question mais à mieux les présenter pour les utilisateurs.

Néanmoins, l’intelligence artificielle se nourrit… de grandes quantités de données. Et ces dernières sont censées être récoltées et traitées de la manière la plus éthique possible, en protégeant la confidentialité des internautes. Ainsi, jusqu’où pousser la personnalisation du contenu et les expériences de navigation ? Pour son intelligence artificielle, Adobe a précisé que les données utilisées l’avaient été volontairement par les internautes, en acceptant de partager certaines informations à des sites web ou à des marques.