Huawei est en guerre commerciale avec l’Europe et les l’États-Unis depuis quelques années. La cause ? Le risque d’une ingérence et d’espionnage de la Chine via son équipementier Huawei. Le sort de Huawei en France était incertain, mais l’ANSSI a tranché et décide de ne pas bannir le constructeur chinois de la France, pour le développement de la 5G. En revanche, les contraintes imposées à Huawei, ainsi qu’aux sociétés qui travailleront avec, seront lourdes. L’objectif est de ne pas faire du « Huawei bashing », mais de limiter au maximum son impact sur les télécoms de l’hexagone.

Cette décision de l’ANSSI n’a de conséquences que pour 2 télécoms français, SFR et Bouygues Telecom. Les deux entreprises françaises souhaitent travailler avec le constructeur chinois, sur le développement de leurs antennes 5G dans l’Hexagone. De l’autre côté, Orange et Free ont déjà fait le choix de travailler avec Nokia et Ericsson sur leur réseau 5G. Un choix qui leur permet d’éviter les contraintes du gendarme des télécoms.

Dans la même catégorie

L’ANSSI appliquera donc quelques restrictions à Huawei. Il sera donc impossible pour le constructeur chinois de travailler sur les infrastructures de communication sensibles. Le but est d’éviter que des données soient collectées, et envoyées en Chine. Huawei subira donc beaucoup de refus de la part du gendarme des télécoms. De leur côté, Nokia et Ericsson devraient être tranquilles. En plus de cela, on retrouve une limite d’exploitation pouvant aller au maximum jusqu’à 8 ans pour Huawei. L’objectif est de limiter au maximum l’attractivité du constructeur chinoise, au profit de solutions européennes.

Le directeur général de l’ANSSI, Guillaume Poupard, explique cette décision : « Nous disons juste que le risque n’est pas le même avec des équipementiers européens, qu’avec des non-Européens. Il ne faut pas se mentir. » Des risques que la France n’est donc pas prête à prendre. La sécurité est l’argument principal, mais c’est aussi un moyen de renforcer les entreprises européennes. Le seul regret vient de l’absence de proposition d’infrastructure par des constructeurs français.