C’est une prévision historique. Le cabinet d’analyse eMarketer prévoit que les recettes publicitaires de Google baissent de 5,3% en 2020. Si cette prévision s’avérait exacte, il s’agirait du tout premier déclin de la croissance des recettes publicitaires du géant américain depuis 2008, date à laquelle il a lancé cette activité.

Une baisse de 5,3% des recettes publicitaires

Les chercheurs d’eMarketer estiment que les recettes publicitaires de Google seront équivalents à 39,58 milliards de dollars (35,14 milliards d’euros) aux États-Unis cette année, contre 41,80 milliards de dollars (37,11 milliards d’euros) en 2019. En revanche, le cabinet d’analyse pense qu’un rebond est à prévoir dès 2021, avec une croissance de plus de 20% et de 11,8% en 2022. Une baisse, certes, mais des revenus qui devraient tout de même dépasser les 36,48 milliards de dollars (32,38 milliards d’euros) gagnés en 2018.

Vous l’aurez compris, c’est la pandémie de Covid-19 qui impacte directement les revenus publicitaires du géant américain. Le rapport précise que si les recettes publicitaires américaines sur YouTube continueront de croître, elles ne compenseront pas la baisse de 7,2% prévues pour Google Search cette année. Selon eMarketer, l’autre grande nouvelle est qu’en plus de ce déclin, Google continue de céder des parts de marché à Facebook ainsi qu’à Amazon. Contrairement à Google, ces deux autres géants devraient voir leur activité publicitaire croître cette année.

De quoi profiter à la concurrence

La raison ? Malgré une croissance soutenue, la croissance des recettes publicitaires de Google a ralenti depuis quelques années. Depuis 2016 pour être précis, la croissance se fait à un rythme plus lent que chez Facebook et Amazon.

Si on pouvait s’attendre à ce que le Covid-19 joue en la défaveur des géants du web, au début du mois de mai 2020, Google estimait pourtant que le marché de la publicité digitale pouvait éviter le désastre pressenti. On se souvient que chez Google, malgré des prévisions catastrophiques et une réduction des budgets marketing, le revenu total du premier trimestre augmentait tout de même de 13% par rapport au premier trimestre 2019.

Ce n’est pas une surprise, les budgets marketing font souvent partie des premières dépenses à être réduites en période de bouleversement économique. Le PDG de Google, déclarait justement à ses employés que : « tout comme la crise financière de 2008, l’ensemble de l’économie mondiale souffre, et Google et Alphabet ne sont pas à l’abri des effets de cette pandémie mondiale ».

Ce ralentissement des revenus publicitaires chez Google va profiter à d’autres. Si l’année dernière, Google détenait 31,6% de part de marché des du total des dépenses publicitaires numériques, en 2020, cela pourrait passer à 29,4%. D’après les analystes d’eMarketer, Facebook et Amazon pourraient grimper respectivement à 23,4% et 9,5%. L’écran se resserre.