L’agence de cybersécurité Graphika vient de dévoiler un nouveau rapport qui montre que pendant six ans, la Russie a mené une gigantesque campagne de désinformation pour promouvoir les intérêts nationaux du pays. Secondary Infektion, c’est le nom de cette campagne, s’est étendue sur la quasi-totalité des réseaux sociaux.

Secondary Infektion : la campagne pro-russe

Les chercheurs en cybersécurité affirment que Secondary Infektion a démarré en 2014, d’abord sur Twitter puis sur YouTube, avant de s’étendre à d’autres réseaux sociaux au fil des années. La campagne s’est déplacée sur Facebook, Reddit et Medium. En tout, ce sont au moins 2 500 contenus et sept langues différentes qui ont été identifiés. Ils ont également été postés sur près de 300 forums et divers sites web. Ces contenus avaient tous un point commun : valoriser la nation russe.

Selon les chercheurs, Secondary Infektion était une campagne de désinformation qui avait pour objectif de promouvoir des thèmes qui s’alignaient sur les intérêts nationaux russes. Il y a notamment eu des publications à propos de l’Ukraine, de l’hostilité quant aux interventions de l’OTAN ou des messages faisant référence aux attaques qui visaient le Kremlin ou le gouvernement russe. La campagne visait une entité en particulier : l’Agence mondiale antidopage (AMA).

Des actions qui visaient « les ennemis de la nation »

Souvenez-vous, lors des Jeux Olympiques de 2014, la Russie avait été accusée d’avoir organisé et facilité des opérations de dopage pour ses athlètes. S’en étaient suivis diverses actions de piratage, et le 4 octobre 2018, les États-Unis accusaient la Russie de piratage informatique, de blanchiment d’argent et de vols d’identités. Des accusations qui remontent aux Jeux Olympiques de 2014 de Sochi en Russie. Ces accusations n’ont absolument pas ralenti les hackers russes…

Des pirates informatiques russes avaient par la suite ciblé au moins 16 organisations sportives ainsi que l’Agence mondiale antidopage. Des attaques qui montraient clairement que la Russie s’inquiétait des actions antidopage. Cette attaque avait eu lieu quelques jours après que l’Agence mondiale antidopage (AMA) ait déclaré qu’elle pourrait entreprendre une action d’antidopage sur les sportifs russes sélectionnés pour les Jeux Olympiques de Tokyo.

Secondary Infektion aurait donc contribué à nuire à l’image de l’AMA à cause de toutes ces histoires. Les chercheurs précisent néanmoins que malgré l’ampleur et la durée de la campagne, peu de personnes auraient été touchées. Le rapport conclue que : « si cette campagne de fake news souhaitait un impact viral, elle a clairement échoué ». Notons que cette campagne n’est pas la première du genre. Au début de l’année 2020, Booz Allen Hamilton diffusait un rapport détaillant quinze années de cyber-opérations menées par des pirates militaires russes.