L’administration américaine de sécurité routière, National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) a dévoilé le 15 juin une initiative visant à plus de transparence dans les tests de voitures autonomes. Le public pourra consulter les zones de tests et les données d’activités des voitures autonomes. Une rencontre avec les acteurs de l’industrie et les États où se déroulent les tests a également été organisée.

Les flous autour des tests de voitures autonomes

Selon des sondages, les Américains ne font que moyennement confiance à la voiture autonome. L’accident mortel d’une voiture Uber en Arizona en mars 2018 a fortement marqué l’opinion publique. Un coup terrible pour l’image de la voiture autonome, qui n’est pas non plus aidée par la jungle de réglementation qui entoure les tests.

Les réglementations qui entourent les tests dépendent de la responsabilité des États. Il n’existe aucune liste centralisée des tests de véhicules autonomes en cours. Idem pour la transparence, ou non, autour des essais au milieu de la circulation, chacun pousse le curseur à un niveau qui lui sied le mieux. La Californie impose de rendre public tout incident de voitures autonomes, c’est sans doute pour cela qu’en 2018 un accident léger impliquant le véhicule Apple a été révélé. Au total 41 États et DC ont envisagé de prendre une législation, 29 et DC en ont effectivement adoptée une.

C’est pour rassurer que la NHTSA a lancé le 15 juin l’initiative Automated Vehicule Transparency and Engagement for Safe Testing. James Owens, administrateur de la NHSTA l’a décrit en ces termes, « une plateforme en ligne, orientée vers le public pour le partage des activités de test sur route des systèmes de conduite automatisés ». En clair un site dédié permettra de connaître des données et les zones des tests de voitures autonomes en cours. Ce partage de données, basé sur le volontariat et peu précis laissera largement les mains libres aux constructeurs.

Le dialogue plutôt que la coercition

L’autre volet de l’initiative a consisté en une rencontre le 15 juin entre neuf acteurs industriels, Fiat Chrysler, Toyota, Cruise (filiale de General Motors), Uber, Waymo (filiale d’Alphabet), Beep, Local Mortors, Navya, Nuro et des huit États parmi lesquels Californie, Michigan, Ohio, Pennsylvanie et Texas. Il s’agit de « rassembler les parties prenantes vraiment essentielles pour approfondir les lignes de communication et de coopération entre nous tous », explique Owens. C’est aussi l’occasion pour échanger entre états sur les législations appliquées par chacun.

Le Center for Auto Safety, une association sur la sécurité routière a vivement critiqué la légèreté des décisions prises au cours de la rencontre du 15 juin, « Les données qui seront soumises, ou non soumises, seront finalement décidées par les conseils d’administration, et non par le gouvernement fédéral »

L’administration Trump, plus encore que l’administration Obama, semble déterminée à ne donner aucune obligation aux États-Unis. Pourtant, en novembre 2019, dans le cadre de l’enquête sur l’accident d’Uber, l’administration chargée de la sécurité des transports avait préconisé à la NHTSA de rendre obligatoire une évaluation de la sécurité des véhicules autonomes. Cette mesure, le NHSTA ne semble pas prêt à vouloir l’adopter dans un avenir proche, le Congrès américain continue, de son côté, à débattre d’une éventuelle législation.

EDIT 16/06 : ajout, basé sur l’article de The Verge, des entreprises ayant participé à l’initiative, nombre d’États ayant envisagé une législation sur la voiture autonome, des justifications du manque de transparence et des réactions des défenseurs de la sécurité.