Le ministère de la Justice des Philippines a indiqué à Reuters, le 8 juin, la prolifération de faux comptes Facebook après une manifestation contre une loi antiterroriste. Les identités d’étudiants, de journalistes, et de fonctionnaires auraient été usurpées. L’opposition signale que les comptes en question concernent exclusivement les opposants à la loi.

Des étudiants arrêtés se retrouvent avec de faux comptes Facebook

La chambre des représentants des Philippines a voté une loi antiterroriste contestée le 3 juin. Selon ses opposants, le texte, non ratifié par le président Rodrigo Duterte pour le moment, est si vague qu’il permettra des détentions arbitraires. Le gouvernement, de son côté, affirme que le texte n’est pas si différent de ce qui se fait à l’étranger.

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Pour contester cette loi, une manifestation s’est tenue sur le campus de l’Université de Philippines le lendemain de l’adoption de la loi. Surprise, le week-end suivant l’administration de l’université réalise qu’un certain nombre de faux comptes Facebook ont été créés. Certains reprenant les identités de manifestants arrêtés lors de la manifestation. Les proches des personnes concernées se sont empressés de faire des captures d’écran et ont demandé de signaler les comptes.

Les Philippins sont très friands de réseaux sociaux : selon une étude relayée par Reuters il s’agit de la population dans le monde qui passe le plus de temps à scroller son fil d’actualité. Logiquement les réseaux sociaux comme Facebook sont devenus des terrains d’affrontement politique, cela a rapidement donné à l’affaire une résonance nationale.

Une affaire prise très au sérieux

Le ministre de la Justice, Menardo Guevarra, a rapidement réagi en déclarant avoir saisi le bureau de lutte contre la cybercriminalité et le bureau national d’investigation. En parallèle un sénateur de l’opposition, Francis Pangilinana, a pointé du doigt que les faux comptes Facebook ne concernaient que des opposants à la nouvelle loi antiterroriste.

Rodrigo Duterte, président très controversé des Philippines, a notamment appuyé sa campagne électorale de 2016 sur des influenceurs qui lui sont restés fidèles depuis. Une ONG, Freedom House, avait signalé en 2017 une augmentation de l’utilisation de trolls, bots, ou comptes automatisés dans le pays.

De son côté Facebook a confirmé avoir reçu des rapports d’activités suspectes et a affirmé qu’il agirait en cas de violation de son règlement. En mai la société de Mark Zuckerberg déclarait que parmi ses utilisateurs actifs mensuels dans le monde, 5% étaient de faux comptes.