Le 4 juin 2020, les ministres de l’Économie français et allemand, Bruno Le Maire et Peter Altmaier ont dévoilé les contours du très attendu projet Gaia-X. Cette initiative franco-allemande permettra aux entreprises européennes de profiter de services cloud. L’Europe part officiellement à la conquête de sa souveraineté numérique.

Gaia-X, pour concurrencer les géants technologiques

À ce jour, aucune entreprise européenne n’est capable de défier les géants américains ou chinois du cloud que sont Amazon Web Services (qui vient d’ouvrir son premier data center en Afrique), Azure de Microsoft, Alibaba ou encore Tencent. Ce projet lancé par Paris et Berlin vise à créer un géant européen capable de proposer des services respectant un certain nombre de critères de sécurité et de normes européennes. Selon les deux ministres, la souveraineté numérique et la performance économique sont les deux objectifs recherchés par Gaia-X.

La France avait déjà donné plusieurs signaux allant dans ce sens. Au moment du développement de l’application de traçage numérique, Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du numérique, faisait le choix de ne pas travailler avec l’API de contact tracing développée par Apple et Google. Il affirmait déjà à l’époque qu’il s’agit d’une question de souveraineté numérique. Cette fois-ci, Bruno Le Maire explique que :

« Pour développer une voiture autonome, vous avez besoin d’un grand nombre de données sur la sécurité routière. Le fait de pouvoir facilement échanger des données entre constructeurs européens grâce à une infrastructure compatible comme Gaia-X peut donc considérablement leur faciliter la tâche ».

La construction d’un écosystème de la donnée

Les premiers services cloud de Gaia-X doivent voir le jour au cours du premier semestre de l’année 2021. Comme l’a expliqué Peter Altmaier : « construire une infrastructure européenne représente un point de départ pour la construction d’un écosystème européen de la donnée. Les informations pourront circuler sans difficulté entre les acteurs économiques pour augmenter leur performance et créer de nouveaux services ».

Cela fait plusieurs mois que la Commission européenne parle d’une stratégie des données pour faire face aux géants technologiques. Ursula von der Leyen affirmait en janvier 2020 que : « pour être un acteur géopolitique, il faut pouvoir être garant de sa souveraineté technologique ». C’est probablement de cette réflexion que Gaia-X est né.22 entreprises piloteront ce projet. 11 d’entre elles sont allemandes, les 11 autres sont françaises. Parmi les 11 entreprises tricolores, nous retrouvons quelques entités célèbres comme : OVH, Scaleway, Dassault Systèmes, Orange, EDF, Docaposte ou l’Institut Mines Telecom.