Dans un communiqué publié le 4 juin 2020, Facebook annonce la mise en place des étiquettes pour les médias contrôlés par un État ainsi que pour les publicités que ces derniers diffusent. Cette mesure, qui avait été annoncée en 2019, vise à plus de transparence sur le réseau social en vue des élections présidentielles américaines qui se tiendront cette année.

Redorer son image

Facebook ne veut pas reproduire les erreurs du passé. En plus du scandale Cambridge Analytica qui l’a plongée dans une crise, l’entreprise a également été accusée d’inaction face à la propagation de fake news sur sa plateforme par la Russie, et qui avait influencé l’opinion publique américaine.

Depuis, Facebook tente de redorer son image et a même été jusqu’à changer de logo. Le réseau social lutte désormais contre la désinformation et prépare les élections présidentielles de 2020 avec plus de transparence. Par exemple, une fonctionnalité permettant de connaître la localisation des différentes pages y a récemment été ajoutée.

Plus de transparence

Désormais, les médias « entièrement ou partiellement sous le contrôle éditorial de leur gouvernement » seront étiquetés sur la plateforme, étiquette maintenant visible pour des médias russes tels que RT ou Sputnik. Facebook explique sa démarche :

« Nous offrons une plus grande transparence à ces éditeurs car ils combinent l’influence d’une organisation médiatique avec le soutien stratégique d’un État, et nous pensons que les gens doivent savoir si les informations qu’ils lisent proviennent d’une publication peut-être sous l’influence d’un gouvernement ».

Le réseau social a par ailleurs annoncé que les publicités de ces mêmes médias seraient elles aussi étiquetées plus tard dans l’année. Les éditeurs contrôlés par un média ne pourront en outre pas diffuser de pubs sur Facebook aux États-Unis.

Une capture d'écran de l'étiquette de Facebook sur le média RT, elle indique : « Média contrôlé par l'État dans le pays suivant : la Russie ».

L’étiquette présente sur la page de RT News © Capture d’écran / Siècle Digital

Cette annonce tombe à un moment particulier pour Facebook. Alors que les États-Unis traversent une crise depuis le meurtre de George Floyd, les réseaux sociaux Twitter et Snapchat ont pris action contre Donald Trump qu’ils accusent de propager la haine et la désinformation. Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a quant à lui décidé de ne pas étiqueter les personnages politiques lorsqu’ils diffusent de fausses informations, s’entraînant les foudres de ses employés, fait rarissime au sein de la Silicon Valley.