La crise du Covid-19 et le confinement ont frappé durement les acteurs économiques, mais tous n’ont pas été touchés avec la même violence et, pour certains, les effets ressentis ont été inattendus. Par exemple, un domaine où l’augmentation de la demande n’était finalement pas si évidente en période de confinement, est le service de garde à domicile. Baby Sittor, une startup qui a pour mission de faciliter la recherche de baby-sitters de confiance dans sa ville, a pourtant fait face à une augmentation de demandes importante, notamment par le personnel soignant qui devait se rendre au travail tous les jours mais dont l’école des enfants était fermée. Une telle augmentation pour une entreprise dont l’ensemble de l’activité repose sur une présence en ligne (site internet et application) représente un défi, surtout pour une petite structure. En s’appuyant sur les services d’Amazon Web Services (AWS), la jeune pousse a optimisé son architecture pour faire face à des pics d’activité pendant la période de confinement. Nous avons échangé avec Maxence Coisne, co-fondateur de Baby Sittor, pour comprendre les réponses que son équipe ont dû trouver pendant la crise et comment le cloud a été un atout pour passer ce cap.

D’un groupe Facebook à une levée de fonds plutôt atypique

L’histoire de Baby Sittor débute en 2013, lorsque Pauline de Montesson, alors stagiaire à Paris, commence à garder des enfants pour arrondir ses fins de mois. Rapidement, de nombreuses familles la sollicitent tandis que plusieurs de ses amies cherchent à faire du baby-sitting. Pauline de Montesson crée alors un groupe Facebook pour faciliter les mises en relation et les échanges entre parents et baby-sitters, qui passe de 30… à 300 membres en une semaine.

Le groupe Facebook devient alors privé et sa fondatrice met en place un système de parrainage pour les nouveaux adhérents. Deux ans plus tard, en 2015, Maxence Coisne rejoint Pauline pour passer au niveau supérieur en capitalisant sur cette communauté : « À mon arrivée, nous devions créer la société en capitalisant sur l’existant. La première étape a été de développer une application mobile afin de mettre en place un modèle économique car, sur Facebook, notre plateforme restait gratuite. Nous avons alors organisé une levée de fonds directement auprès de nos membres sur Facebook ».

Une fois la levée de fond réalisée, les groupes Facebook sont fermés pour ne pas cannibaliser l’offre payante, le modèle économique se stabilise avec un abonnement pour les parents qui cherchent des baby-sitters via la plateforme ainsi qu’une offre dédiée aux entreprises. « En France, il existait déjà un certain nombre de solutions proposant des services de baby-sitting. Toutefois, le succès de Baby Sittor réside dans son esprit communautaire à l’origine de sa création et la confiance qui en émane. Comme sur Facebook en 2013, il est toujours possible de créer sa communauté de confiance et de parrainer d’autres membres sur Baby Sittor », continue Maxence Coisne. Dans ce type de business, le plus difficile est de développer une communauté engagée et active. C’est la définition d’une plateforme : la rencontre de l’offre et de la demande.

Quand confinement rime avec pic de trafic

A l’annonce du confinement, les questions au sujet de la garde des enfants ont été au centre des débats. Très rapidement, les équipes de Baby Sittor ont été contactées par le cabinet de Cédric O, Secrétaire d’État chargé du Numérique, qui souhaitait valoriser des solutions en ligne de garde d’enfants. Cette forte visibilité apportée par le gouvernement a engendré un nombre important de téléchargements sur un laps de temps très court, d’une part des baby-sitters, et d’autre part du personnel soignant qui devait trouver des solutions pour faire garder ses enfants dont les écoles étaient fermées. Pour supporter ces derniers, la startup à fait une offre promotionnelle pour aider ces personnes obligées de travailler pour le bien collectif. Les parents ont été quant à eux moins nombreux à utiliser la plateforme, ayant moins de besoins ponctuels de garde d’enfants.

Le cloud au cœur des enjeux de la startup dans le maintien de son activité

La plateforme Baby Sittor repose depuis sa création sur le Cloud AWS. Un choix stratégique dès le jour 1 pour des raisons de coûts mais aussi, et surtout, pour des questions d’agilité si essentielle pour une entreprise en pleine croissance. Un choix qui s’est révélé le bon puisqu’il a permis à la startup d’ajuster son architecture facilement pour faire face à la crise Covid-19 et à ses nouveaux enjeux.

Pour Maxence Coisne, il était primordial de se questionner rapidement sur les infrastructures en place afin de répondre à l’affluence des demandes sur le site. « Après que le gouvernement ait pris contact avec nous, nous avons craint que notre structure ne puisse supporter la charge des téléchargements et des inscriptions », confie-t-il. C’est alors que Maxence et son équipe ont eu une bonne surprise : « De manière proactive, les équipes françaises d’AWS nous ont contactés pour nous proposer de nous accompagner techniquement en cette période complexe. AWS a travaillé avec notre CTO pour optimiser notre architecture afin d’en augmenter les capacités sans faire exploser nos coûts. »

Au-delà de l’optimisation des coûts, la capacité de montée en charge de l’infrastructure était au cœur des enjeux de la startup. Comme le précise Maxence, « Nous avions des bases solides mais nous avions des petites améliorations à apporter sur notre gestion de serveurs sur AWS. » Et en effet, Baby Sittor est pour le moins robuste au niveau technologique : “Nous sommes apparus dans le top 5 des applications les plus téléchargées de notre catégorie sur l’App Store, avec plus de 20.000 téléchargements en seulement 3 jours. Et tout a continué de fonctionner normalement pour offrir une expérience optimale à nos clients.”

pic de trafic baby sittor

 

Des résultats prometteurs qui effacent la crainte de l’avenir… au moins au niveau technique

Grâce aux mises à niveau et aux changements effectués, Baby Sittor peut absorber sereinement la croissance de ses utilisateurs, d’autant qu’avec l’annonce du déconfinement, l’entreprise enregistre une nouvelle augmentation des téléchargements, côté parents cette fois-ci. Mais, même si c’est une bonne nouvelle aujourd’hui, ce déconfinement engendre aussi des questions pour l’activité de la startup : les personnes qui se sont inscrites pendant le confinement continueront-elles d’utiliser les services de Baby Sittor ? De nouveaux besoins émergeront-ils de cette reprise d’activité ou retrouvera-t-on les usages des mois précédents ?

Rien n’est certain, mais ce qui l’est, c’est que Baby Sittor est “prêt” pour une éventuelle seconde vague : “Avec le cloud, nous avons réussi à mettre en place l’automatisation nécessaire de nos services pour nous assurer une plus grande agilité et faire face à toutes les situations. »

screenshot app Baby Sittor