Sur YouTube, deux expressions utilisées pour critiquer le gouvernement chinois : “共匪 (bandit communiste)” et “五毛 (parti à 50 centimes)”, sont supprimées automatiquement par les modérateurs dans les 15 secondes. Même si ces expressions sont utilisées dans un contexte positif. Le média The Verge a été le premier a le repérer. YouTube affirme qu’il s’agit d’un bug

YouTube a-t-il censuré volontairement ces commentaires ?

Dans une récente déclaration, un porte-parole de YouTube a déclaré à ce propos que : “nos utilisateurs ne doivent surtout pas hésiter à signaler des problèmes suspects comme celui-ci pour nous aider à améliorer nos produits”. Cette situation serait le résultat d’un bug d’après les équipes de Google. Le système de modération du réseau social étant pensé pour filtrer les discours haineux, ces deux expressions seraient directement concernées.

Ce qui est reproché au géant de la vidéo, c’est que depuis six mois, ces deux expressions chinoises fréquemment utilisées pour critiquer le Parti communiste chinois, sont supprimées automatiquement. Pourtant Google l’affirme : “cela semble être une erreur dans nos systèmes d’application et nous enquêtons pour en avoir le cœur net”. Le porte-parole de Google n’explique pas ce bug mais affirme simplement qu’un changement de politique pourrait en être l’origine.

Quoi qu’il en soit, il aura fallu attendre de nombreux mois pour que YouTube reconnaisse cette erreur et veuille bien la corriger. Les journalistes de The Verge en sont convaincus : la plateforme a censuré les opposants au gouvernement chinois depuis octobre 2019. C’est également l’avis de Jennifer Zeng, une militante des droits de l’homme et de Palmer Luckey, fondateur d’Oculus VR. Ils ont décidé de revenir sur les faits à travers deux tweets :

Le gouvernement chinois était-il à la manœuvre ?

La modération est aujourd’hui majoritairement basée sur l’intelligence artificielle. C’est d’autant plus le cas depuis quelques mois. La crise du Covid-19 a poussé les géants du web à accélérer le développement de leurs intelligences artificielles dans ce domaine, les travailleurs étant soit chez eux, soit à l’arrêt. Cela n’a pas empêché YouTube de reconnaître qu’une surveillance “moins humaine” risquait d’entraîner un plus grand nombre d’erreur.

Ce nouveau rebondissement est susceptible de relancer la polémique sur le comportement de Google vis à vis du gouvernement chinois. Plus globalement ce sont les géants de la tech qui sont régulièrement accusés de se plier aux demandes du régime de Pékin. Chez Apple, cela pourrait bien changer. En effet, un projet interne vise à obliger l’entreprise à exposer au grand jour toutes les demandes des gouvernements, notamment celles de Pékin, pour renforcer la liberté d’expression.