À horizon 2021, le New York Times affirme qu’il n’utilisera plus de trackers publicitaires pour collecter les données de ses lecteurs. Les dirigeants du journal se sont entretenus avec Axios. Le Times développe actuellement une plateforme dédiée à une forme de publicité moins intrusive pour continuer d’avoir des revenus publicitaires, tout en protégeant la vie privée de ses abonnés.

Les médias peuvent-ils se passer des trackers ?

C’est une tendance qui semble se confirmer. Google Chrome a fait savoir que dans les deux années à venir, il supprimerait progressivement la prise en charge des cookies tiers. Les cookies permettent à Google de suivre les utilisateurs sur le web. Dans le même esprit, le New York Times annonce que ses équipes marketing sont actuellement en train de développer une plateforme publicitaire plus respectueuse de la vie privée des lecteurs. L’objectif principal est de pouvoir se passer des trackers publicitaires actuellement présents sur le site.

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Les données des consommateurs collectées de cette manière sur les sites web sont progressivement en train de disparaître. Cette méthode est considérée comme intrusive et peu respectueuse de la vie privée des internautes. L’idée n’est pas de se priver des revenus publicitaires, évidemment. À partir du mois de juillet 2020, le Times commencera déjà à proposer à ses clients 45 nouveaux segments d’audience pour qu’ils puissent cibler leurs annonces. Ces segments seront répartis en cinq grandes catégories : l’âge, le revenu, le secteur d’activité, les données démographiques et les centres d’intérêt.

Le New York Times pourrait ouvrir la voie

Selon Allison Murphy, responsable de la publicité pour le New York Times :

« Une telle stratégie ne peut fonctionner que parce que nous avons 6 millions d’abonnés et des millions d’autres utilisateurs qui consultent notre site tous les jours. De cette manière, nous sommes capables de les identifier et de proposer des segments beaucoup plus précis à nos clients. L’objectif est d’éviter à l’avenir de collecter leurs données pour les transmettre à des tiers ».

Déjà l’année dernière, les équipes marketing du journal disaient qu’elles n’utiliseraient plus les pixels de traçage de Facebook et de Twitter pour suivre l’historique de navigation des utilisateurs. Ce nouvel effort s’inscrit dans une dynamique globale du Times en faveur d’une expérience en ligne plus respectueuse de la vie privée. Murphy ajoute que :

« Nous avons engagé une équipe d’une douzaine de personnes spécialement embauchée cette année. En interne, le développement de cette nouvelle stratégie concerne au moins 50 personnes ». 

Si certains outils comme Tracker Radar de DuckDuckGo permettent de savoir quel site piste vos données sur le web, une nouvelle tendance est bel et bien sur le point de voir le jour. La confidentialité et le respect de la vie privée des internautes pourrait bien passer au premier plan. Oui, mais tous les éditeurs n’ont pas la capacité de s’engager dans une telle stratégie. Deux autres grands médias, Vox et le Washington Post, ont également annoncé qu’ils commençaient à élaborer des alternatives au tracking publicitaire.