Après plusieurs mois d’enquêtes gouvernementales et d’inquiétudes de la part de nombreux États, Facebook a finalement pris la décision en avril dernier de se plier aux demandes des régulateurs. Un changement de stratégie qui n’empêche pas certains nouveaux partenaires de rejoindre le projet. C’est notamment le cas Temasek, un fonds souverain de Singapour.

La Libra continue de séduire malgré un changement de stratégie

Il y a un mois, le réseau social à l’initiative du lancement de cette monnaie virtuelle annonçait officiellement que la Libra changeait de cap. Facebook aurait aimé lancer une monnaie virtuelle alternative aux monnaies officielles. Ce ne sera pas le cas. Concrètement, aujourd’hui il ne s’agit plus de créer une seule, mais plusieurs monnaies virtuelles adossées à différentes devises stables. De nombreuses banques centrales craignaient que la Libra ne devienne une monnaie souveraine dans certains pays où les taux d’inflation sont très élevés comme au Venezuela, en Argentine, en Turquie ou encore en Afrique du Sud.

Cette nouvelle version de la Libra semble avoir convaincu Temasek. Nouveau partenaire du projet, l’investisseur public singapourien fait partie des trois dernières entreprises à avoir fait le choix de rejoindre le projet de monnaie virtuelle initié par Facebook. Paradigm et Slow Ventures sont les deux autres sociétés à s’être greffées au projet de la Libra. Avec les nombreux désistements de l’année dernière, on peut imaginer que Facebook saura apprécier cette nouvelle vague de partenaires.

Temasek devient l’un principaux investisseurs de la Libra

En 2019, Visa, Mastercard, ou encore PayPal avaient quitté le navire précipitamment. La nouvelle formule imaginée par la Libra Association doit voir le jour avant la fin de l’année. Bertrand Perez, COO de la Libra, expliquait le mois dernier que :

« Notre projet initial a déclenché de nombreuses réactions, la crainte d’une interférence avec les politiques monétaires et d’une atteinte à la souveraineté monétaire, explique Bertrand Perez. Donc, en plus de cette libra originelle, nous allons en lancer plusieurs adossées à une devise unique. Nous prévoyons de commencer avec des devises qui sont déjà dans le panier de monnaie envisagé, comme l’euro ou le dollar ».

Temasek a le champ libre et occupe désormais une place de premier plan au sein de la Libra. Le fonds singapourien devient l’un des plus importants bailleurs de fonds de la monnaie virtuelle. Selon Facebook : Temasek apporte une vision différente en tant qu’investisseur asiatique. Pour Chia Song Hwee, directeur général adjoint de Temasek :

« Notre participation à la Libra Association nous permettra de contribuer à un réseau mondial de monnaie virtuelle. Le potentiel de ce domaine nous enthousiasme et nous sommes impatients d’observer et d’explorer cette technologie développée par Facebook ».