L’Islande et ses 364 134 habitants ont décidé de respecter les consignes du gouvernement et d’utiliser massivement Rakning C-19. Environ 40% de la population a téléchargé cette application de traçage numérique, l’équivalent de StopCovid en France. Cependant après un mois d’utilisation, certains membres des autorités estiment que l’app n’est pas d’une grande utilité.

Après un mois d’utilisation l’impact de Rakning C-19 est limité

Quand l’Islande a identifié son premier cas de Covid-19 le 28 février 2020, les mesures de protection ne se sont pas faites attendre. Le gouvernement a rapidement mis sur pied une équipe de chercheurs pour tenter de stopper la propagation du virus en testant les personnes ayant été au contact des malades. En seulement quelques semaines, une application de traçage numérique avait été développée par le gouvernement. Début avril, son lancement était effectif. Une véritable démonstration technologique.

Selon le Covid Tracing Tracker, un institut d’observation de la maladie, l’Islande a le plus large taux de pénétration au monde pour une application de suivi. Près de 40% des habitants utilisent Rakning C-19. Cependant le constat est plutôt décevant. Gestur Pálmason, l’inspecteur de police en charge de l’application, affirme que l’impact réel de Rakning C-19 est faible comparé aux techniques de traçage manuel comme les appels téléphoniques. Il explique que :

« Cette technologie est plus ou moins satisfaisante… Je ne dirais pas qu’elle est inutile, mais elle n’est pas parfaite. La combinaison de plusieurs méthodes de tracking pourrait en revanche donner des résultats plus pertinents. Rakning C-19 s’est avérée utile dans quelques cas, mais cela n’a pas changé la donne sur la propagation du virus pour notre pays ».

À quoi faut-il s’attendre en France ?

Imaginez : si le pays qui a le plus fort taux d’utilisation estime que l’application n’est pas d’une grande utilité, qu’en sera-t-il pour les pays dont le taux de pénétration avoisine les 20%, comme c’est le cas à Singapour. Alors que l’OMS va lancer en mai une application de suivi pour les pays qui ne le font pas, d’autres gouvernements en sont encore aux premiers stades avec leurs propres applications.

En France, l’application StopCovid doit être lancée le 2 juin. Déjà en avril, la Quadrature du Net avait déjà fait part de ses doutes aux autorités publiques sur l’efficacité d’une telle application. L’association de défense des internautes affirmait que :

« Seulement 77% de la population française a un smartphone et cette proportion baisse à 44%pour les personnes de plus de 70 ans, alors qu’elles sont parmi les plus vulnérables ».

Les impacts d’un tel dispositif pourraient donc être très limités… La Quadrature conclue en disant que : « le temps médiatique, politique et les budgets alloués à cette fin seraient mieux utilisés à informer et protéger la population ».