Nous connaissons les noms des 20 premiers membres du conseil de surveillance indépendant de Facebook depuis mercredi 6 mai. Souhaité depuis 2018, ce comité indépendant jouera un rôle sera d’une importance capitale. Parmi les premiers membres du conseil, nous retrouvons entre autres, un ancien premier ministre, un lauréat du prix Nobel de la paix, et l’ancien rédacteur en chef du Guardian.

Les 20 premiers membres du conseil de surveillance ont été dévoilés

Nous savons déjà depuis quelques mois que les membres de ce conseil seront chargés de prendre des décisions sur la modération qui doivent supplanter celles de la direction même du réseau social. Ce conseil de surveillance indépendant commencera à prendre du service dans quelques mois.

Son lancement ne pouvait se faire qu’avant les élections présidentielles américaines, sujet particulièrement brûlant chez Facebook. Les 20 premiers membres ont été choisis en grande partie pour la diversité de leurs points de vue et de leurs expériences. Ce conseil de surveillance se veut être le plus mixte possible.

Aperçu des 20 premiers membres du conseil de surveillance.

Crédit : Facebook

Quatre co-présidents dirigeront ce comité. Parmi eux, nous retrouvons deux professeurs américains de droit constitutionnel dénommés Michael McConnell de Stanford et Jamal Greene de Columbia Law. À leurs côtés, Catalina Botero-Marino, doyenne d’une importante école de droit en Colombie et Helle Thorning-Schmidt, ancien premier ministre du Danemark assureront la présidence du conseil. Facebook assure que :

« Les membres choisis reflètent un large éventail de points de vue et d’expériences. Ils viennent de 27 pays différents, parlent au moins 29 langues et sont tous engagés dans la mission du conseil de surveillance. Nous attendons d’eux qu’ils prennent certaines décisions avec lesquelles nous, sur Facebook, ne serons pas toujours d’accord. C’est bien là l’objectif de ce conseil. Les membres seront totalement autonomes et indépendants dans l’exercice de leur jugement ».

Les garants de la liberté d’expression sur Facebook

Faut-il supprimer des contenus faisant l’éloge du nationalisme blanc ? Les groupes anti-vaccins peuvent-ils continuer de prospérer sur la plateforme ? Facebook doit-il accepter de censurer des contenus anti-gouvernementaux au Vietnam ? Autant de questions auxquelles le conseil de surveillance sera confronté. La liberté d’expression comme cheval de bataille.

Alan Rusbridger, ancien rédacteur en chef du Guardian, et désormais membre du conseil de surveillance de Facebook, a notamment couvert l’affaire Snowden. Il écrivait récemment dans un article que : « certains des défis auxquels Facebook est confronté sont familiers, bien qu’à une échelle très différente. D’autres sont des questions auxquelles personne n’a jamais eu à réfléchir dans l’histoire. Ce conseil va-t-il fonctionner ? Nous verrons bien. Il n’y a, à mon avis, aucune excuse pour ne pas essayer ».

Point important : les décisions rendues par le conseil de surveillance seront publiques. Brent Harris, directeur de la politique publique chez Facebook, affirme que : « Facebook appliquera les décisions du conseil de surveillance à moins que cela ne soit contraire à la loi ». D’autres membres devraient venir se greffer au comité durant les prochaines semaines. En tout, 40 personnes siègeront autour de la table pour prendre des décisions d’une grande importance.