Pour faire face aux perturbations des chaînes d’approvisionnement classiques, l’impression 3D a été nécessaire dans la fabrication de masques, de respirateurs ou encore de visières de protection. On a le sentiment que cette crise a enfin permis à cette technologie de se révéler au grand jour. Qu’en restera-t-il dans quelques mois ?

Il aura fallu une pandémie mondiale pour prendre conscience du pouvoir de cette technologie

Les usines du monde entier ont été mises à mal depuis le début de la crise du Covid-19. Pénurie de masques, pénurie de ventilateurs, manque de certains médicaments… Bref, les gouvernements ont dû trouver de nouvelles solutions pour faire face. De nombreux artisans amateurs comme professionnels se sont tournés vers l’impression 3D pour produire des objets nécessaires à cette guerre sanitaire. En quelques semaines, des dizaines de milliers d’objets ont été imprimés, ce qui a permis de sauver des vies et de protéger les travailleurs de première ligne.

Si l’impression 3D a longtemps été présentée comme une véritable révolution industrielle, nous n’avons encore jamais ressentis de transition majeure allant dans ce sens. Pourtant la promesse est géniale : n’importe qui peut être capable d’imprimer n’importe quoi, sans bouger de son canapé. L’impression 3D a de nombreux avantages : le prototypage est plus rapide, la personnalisation plus facile et dans l’idée, tout le monde peut avoir une imprimante 3D chez soi. Au fil de années, plusieurs barrières ont freiné le développement de cette industrie, notamment sa lenteur et son coût.

Notons tout de même que l’impression 3D a déjà révolutionné certains domaines, notamment celui de la médecine. Utilisée par les dentistes pour réaliser des prothèses dentaires et permettant également de créer des cornées à partir de cellules souches, l’impression 3D est d’une grande utilité aux soignants.

Assistera-t-on à l’industrialisation du marché de l’impression 3D ?

La pandémie de Covid-19 a montré aux entreprises et aux gouvernements les limites des chaînes d’approvisionnement classiques. L’impression 3D s’est imposée en quelques semaines comme la solution miracle. À Paris, soixante imprimantes 3D ont été installées à l’hôpital Cochin. Elles produisent du matériel médical en plastique destiné aux soignants et aux patients touchés par le virus.

Selon Michael Shanler, analyste chez Gartner : “il est certain que les chaînes d’approvisionnement se sont brisées au fil des mesures de confinement. L’impression 3D est maintenant l’une des solutions à ces lacunes. Malheureusement, il aura fallu attendre un événement comme celui-ci pour le prouver”.

HP a mis sur pied un groupe de travail dédié à la production de matériel pour lutter contre le Covid-19. Avec ses milliers d’imprimantes 3D, l’entreprise est désormais capable de concevoir et de fabriquer des produits pouvant être imprimés à une échelle industrielle. L’équipe dirigée par Fabio Annunziata, a réuni en quelques jours des centaines d’employés pour organiser l’impression des pièces nécessaires. Résultat : 1,5 million de produits ont été imprimés en 3D.

Toute l’industrie de l’impression 3D s’est adaptée à cette crise. Aujourd’hui, la majorité des impressions 3D est concentrée aux États-Unis : l’épicentre actuel de la pandémie. HP travaille désormais sur la conception d’écouvillons nasaux, une pièce indispensable pour tester les populations. L’impression 3D a cet avantage majeur de pouvoir s’adapter rapidement et produire les pièces nécessaires à un moment précis, comme c’est le cas aujourd’hui.