Sur Instagram, les pods sont monnaie courante. Ils font partie des techniques de fake influence. Le principe est plutôt simple, un pod est en fait un groupe d’engagement qui va rassembler environ 10 à 20 personnes, en général sur une application de messagerie telle que WhatsApp ou Telegram. Tous vont échanger dans ce groupe et s’engager à commenter, aimer les publications de tous les membres du groupe sur Instagram. Une façon d’obtenir de l’engagement et de gagner de la visibilité, sans trop compter sur l’algorithme du réseau social. Une technique qui se répand de plus en plus…

Les Pods déjouent l’algorithme d’Instagram

Des chercheurs de l’Université de New York disent avoir identifié des centaines de groupes d’utilisateurs adeptes des Comment Pods sur Instagram. Certains groupes comportent plusieurs centaines de membres, de quoi obtenir énormément de visibilité en gagnant très simplement beaucoup de like et de commentaires. Durant leurs recherches, les chercheurs ont eu recours à l’intelligence artificielle. Elle leur a permis de savoir si un commentaire était posté par un membre d’un groupe ou non. Ils ont probablement observé le contenu du pod, la fréquence à laquelle cet utilisateur en particulier poste sur les publications de la personne.

Dans l’ensemble, les chercheurs, qui ne dépendent pas et ne travaillent pas non plus pour le réseau social, ont constaté que les Pods prenaient de plus en plus d’ampleur sur Instagram, puisqu’ils concernent aujourd’hui plusieurs millions de publications et restent efficaces face à l’algorithme du réseau social.

Cette pratique est similaire aux échanges entre amis sous les publications

En général, lorsqu’on publie une photo sur Instagram, nos abonnés, à savoir nos amis, notre famille et nos connaissances vont pouvoir liker les publications. On peut aisément considérer que l’on va pouvoir retrouver plusieurs utilisateurs sous chaque nouvelle publication. Pourtant, ces échanges sont réels et ne relèvent pas d’un groupe d’engagement. C’est là toute la complexité des Pods : ils sont difficiles à détecter.

Cependant, une possibilité résiderait dans le contenu même du commentaire laissé sous la publication. Elle permettrait de faire la différence entre les types d’utilisateurs. Un utilisateur membre d’un Pod laisserait un commentaire banal du genre “belle photo”, tandis qu’un proche personnalisera son commentaire. Reste maintenant qu’un robot devrait faire la différence entre les deux types de commentaires pour différencier les genres d’utilisateurs, encore une fois c’est là un exercice qui semble complexe.

Des commentaires analysés et bientôt une IA pour détecter les pods ?

Une liste de commentaires génériques a été établie et ses données permettent de former un modèle d’apprentissage automatique qui, à terme, pourrait permettre de détecter les pods. Rachel Greenstadt, l’auteure principale de l’étude de l’Université de New York a déclaré avoir “obtenu un assez bon échantillon sur la période observée, avec des Pods facilement accessibles et retrouvables. La grande partie de l’écosystème qui nous manque, ce sont des modules plus petits, mais plus lucratifs, qui doivent déjà avoir une certaine présence sur les réseaux sociaux”. On comprend donc que l’outil qui permettra de détecter les pods de façon sûre et efficace n’est pas encore au point, et qu’il doit prendre en compte un bon nombre d’indicateurs.

Reste maintenant à savoir si Instagram travaille lui aussi sur un outil permettant de détecter ces faux commentaires. Car le travail évoqué plus haut est mené par des chercheurs qui ne dépendent pas d’Instagram. Le réseau social devrait se soucier de cette pratique, car en 2017, seules 7 000 publications étaient concernées contre 100 000 en 2019.