La NASA a dévoilé les trois entreprises choisies pour développer son alunisseur dans le cadre de la mission Artemis. À terme, l’un des trois designs amènera la toute première femme sur la Lune.

Un budget de près d’1 milliard de dollars

En plus de ramener des humains sur la Lune 52 ans après Apollo 17, la NASA prévoit également d’établir une base permanente sur notre satellite en vue de l’exploration du Système solaire. L’Agence spatiale a ainsi sélectionné trois entreprises qui vont devoir se partager un budget de 967 millions de dollars pour développer leur alunisseur.

Ces dernières ont jusqu’au mois de février 2021 pour effectuer les tests préliminaires du vaisseau, puis la NASA éliminera l’une des firmes de la course. Deux alunisseurs seront alors en cours de développement, de quoi permettre à l’Agence américaine de surveiller ses arrières en cas d’échec de l’un d’entre eux. L’administrateur de la NASA Jim Bridenstine a ainsi déclaré :

« Avec ces contrats, l’Amérique franchit la dernière étape nécessaire à l’alunissage des astronautes d’ici 2024, y compris le moment incroyable où nous verrons la première femme poser le pied sur la surface lunaire. C’est la première fois depuis l’ère Apollo que la NASA a un financement direct pour un système d’alunissage humain et maintenant, nous avons des entreprises sous contrat pour faire le travail de la mission Artemis ».

Trois alunisseurs très différents

Ce sont donc trois designs très différents qui ont été choisis. Sans grande surprise, le premier est le vaisseau Starship développé par SpaceX et propulsé par une fusée Super Heavy. Pensés pour les longs voyages spatiaux, les deux modules sont réutilisables et permettront de faire des allers-retours entre la Lune et la Terre. SpaceX va par ailleurs opéré son tout premier vol habité à la fin du mois, et son vaisseau Dragon XL ravitallera la future base lunaire.

La seconde entreprise sélectionnée n’est autre que celle de Jeff Bezos. Baptisé Blue Moon, l’atterrisseur lunaire de Blue Origin est développé en partenariat avec Lockheed Martin, Draper et Northrop Grumman, la firme à l’origine du module lunaire utilisé lors des missions Apollo. Blue Moon pourra être propulsé soit par la fusée New Glenn de Blue Origin, soit par le lanceur Vulcan de la United Launch Alliance.

Moins connue, la dernière firme choisie par la NASA est Dynetics, une société américaine qui dispose d’une grande expérience dans le domaine de l’aérospatial. À l’instar du Starship de SpaceX, son alunisseur est également capable de décoller de la surface de la Lune, et sera par ailleurs propulsé par la fusée Vulcan.

Boeing fait donc figure de grande perdante, l’entreprise a en effet joué un rôle important dans quasiment toutes les missions habitées de la NASA, mais il semblerait que l’échec cuisant de sa capsule Starliner l’ait finalement évincée de la course.

Un calendrier très serré avec un obstacle de taille

Si la NASA assure qu’elle pourra tenir la deadline de 2024 fixée par Donald Trump pour son retour sur la Lune, cet objectif reste encore incertain. Récemment, l’Agence spatiale annonçait reporter ses plans de bases lunaires et le coronavirus ne risque pas d’arranger les choses. Malgré cela, Jim Bridenstine estime qu’il faut continuer à regarder vers les étoiles :

« Il est important que cette agence le fasse maintenant, car notre pays et le monde entier ont été secoués par la pandémie de Covid-19. Et pourtant, nous devons donner de l’espoir aux gens. Nous devons leur donner quelque chose qu’ils peuvent regarder, dont ils peuvent rêver ».

La question des fusées utilisées pour se rendre sur notre satellite pose également question. Alors que l’administrateur de la NASA affirme que le lanceur SLS (Space Launch System) sera le seul apte à transporter des humains jusqu’à la Lune en 2024, les alunisseurs en développement ne peuvent pas être propulsés par cette fusée. Nous devrions donc nous attendre à d’importantes manœuvres en orbite lunaire si la NASA respecte le calendrier qu’elle s’est fixée.