SpaceX vient de lancer, le 22 avril, une nouvelle nuée de 60 satellites, sans avoir réglé le problème qu’ils posent pour les astronomes. Elon Musk, le fondateur de SpaceX, a dévoilé en visioconférence un plan pour que la luminosité de ses engins ne perturbe plus l’observation du ciel.

420 satellites sont déjà en orbite

Très vite, après les premiers lancements de la constellation SpaceX des astronomes ont signalé que leurs observations avaient été perturbées par le passage des satellites. Inquiétant quand à l’heure actuelle seuls 420 satellites sont en orbite au-dessus de nos têtes et qu’à terme ils devraient être 42 000.

Sommé d’intervenir, Elon Musk, fondateur et directeur général de SpaceX a dans un premier temps proposé de traiter la surface réfléchissante de ses appareils avec un élément assombrissant. Un traitement qui semble en partie efficace, mais pas totalement satisfaisant.

Un autre projet a été présenté par Musk en personne cette semaine : l’approche VisorSat. Le principe est simple, un pare-soleil empêchera la lumière d’atteindre les antennes les plus réfléchissantes des satellites, celle qui les rend visibles à l’œil nu la nuit.

Une nouvelle pièce sera ajoutée aux satellites. Durant le vol celle-ci doit s’allonger pour bloquer la lumière. Des antennes vont également être construites en matériaux transparents pour minimiser les réfléchissements tout en respectant son objectif de fournir la terre en bande passante.

Schéma présenté par Elon Musk détaillant le fonctionnement de VisorSat pour éviter que les satellites de SpaceX ne brillent trop.

Schéma présenté par Elon Musk détaillant le fonctionnement de VisorSat pour éviter que les satellites de SpaceX ne brillent trop. Image : SpaceX / TechCrunch

Les résultats de VisorSat « visible » dès 2020 ?

Dans le même programme, des changements vont être opérés lors du placement des satellites en orbite. C’est la phase où ils sont les plus visibles. L’objectif pour Musk est de « rendre les satellites invisibles à l’œil nu en une semaine et de minimiser l’impact sur l’astronomie ».

Les prochains satellites seront « invisibles » si les adaptations techniques sont terminées. Il y a, en moyenne, un lancement prévu par mois en 2020. Si VisorSat obtient des résultats convainquant, ce n’est pas une évidence, resteront les 420 satellites anciens modèles. Un problème que Musk balaie d’un revers de main : leur durée de vie est courte, 3 à 4 ans tout au plus, leur pouvoir de nuisance est donc limité.

Les chercheurs n’ont d’autres choix que de se fier à la parole d’Elon Musk et à sa capacité à la respecter. Autrement le projet constellation de SpaceX, loin d’être le seul, mais le pionnier, pourrait, paradoxalement, nuire à l’astronomie, à la science, aux connaissances humaines.