Une crise mondiale telle que celle provoquée par le coronavirus entraîne inévitablement son lot de théories du complotNBC News a repéré que parmi les partisans américains de ces théories étaient partagées des adresses mail, depuis le 19 avril, de membre de l’OMS, de la fondation Gates, ainsi que du laboratoire de virologie de Wuhan.

Les adresses circulent parmi les réseaux d’extrême droite pro-Trump

Le document est daté du 19 avril. Dessus figurent 277 adresses mail d’employés de la fondation Bill et Melinda Gates, 20 de l’institut de virologie de Wuhan et 6835 de l’OMS (heureusement seules 457 étaient encore actives). Chacune de ces institutions est la cible de théories du complot.

La liste de d'adresses mail a été rapidement partagée dans les réseaux d’extrême droite aux États-Unis, sur les sites pro-Trump, sur 4chan et sa nouvelle ramification 9chan, sur des fils conspirationnistes Reddit etc. Sur ces sites, la liste était régulièrement accompagnée de message appelant à cyberharceler les détenteurs des dites adresses mail.

Vraisemblablement, et contrairement à ce qu’il peut être dit sur les réseaux où la liste circule, elle ne serait pas le fruit d’un piratage récent. Les pirates apprécient pourtant particulièrement les périodes de crise, mais la fondation Gates a déclaré à NBC, « nous n'avons actuellement aucune indication d'une violation de données à la fondation ».

Des adresses datées, rachetées sur le Dark Web

Selon plusieurs experts informatiques qui se sont penchés sur ces adresses mail, elles auraient été rachetées par le biais du Dark Web. Pour Steve Ragan, chercheur chez Akamai Technologies, spécialisé dans l’infrastructure d’internet et la cybersécurité, ces adresses pourraient provenir d’une faille de Tumblr en 2013 ou de Dropbox en 2016, « l’une des raisons pour lesquelles il ne faut pas réutiliser ses mots de passe c’est justement pour éviter ce que nous constatons aujourd’hui ».

L’impact de la diffusion de cette liste semble limité tant les adresses sont datées. Néanmoins il est inquiétant de constater que des personnes mal intentionnées n’hésitent pas à organiser des raids de cyberharcèlement contre des organisations chargées de lutter contre la pandémie mondiale. Ce n’est toutefois pas une surprise, des hôpitaux ayant également la cible d’autres pirates, il n’y a pas de raison que cela change, si ce n’est en se protégeant mieux, pour cette crise et les futures.