Depuis quelques années, les rumeurs vont bon train sur l’éventualité que les véhicules électriques soient en fait plus polluants que les véhicules thermiques. Transport & Environment, une fédération européenne fondée en 1989, dirigée par Jeppel Juul, vient de lancer un outil pour mesurer précisément le niveau de pollution des voitures électriques, essences et diesels. Un moyen de mettre fin à ce débat.

Les voitures électriques sont-elles propres ?

Les voitures électriques ont le vent en poupe. Des technologies de pointe pourraient même permettre à ces véhicules de se recharger grâce à l’énergie solaire. Elles sont présentées comme la solution à la fin d’une pollution massive du parc automobile. Volkswagen est par exemple très agressif sur ce marché. Le constructeur allemand annonçait récemment qu’il fabriquerait un véhicule électrique pour moins de 20 000 euros. Preuve du succès de ces nouveaux véhicules : en 2018, un tiers des voitures vendues étaient électriques.

Si leur utilisation est effectivement moins polluante, certains se demandent si leur fabrication ne serait pas plus néfaste pour l’environnement que celle des véhicules thermiques. Les batteries électriques nécessitent l’extraction de métaux rares et la fabrication de ces véhicules est généralement délocalisée. Alors au bout du compte, un véhicule électrique est-il réellement moins polluant qu’un véhicule essence ou diesel ?

Transport & Environment met fin à un mythe infondé

Avec sa nouvelle plateforme, Transport & Environment veut justement répondre à cette question. Pour élaborer cet outil, la fédération européenne a utilisé un maximum de paramètres pour apporter une réponse extrêmement fiable. Il fallait s’y attendre, le processus de fabrication des matériaux rares nécessaires à la conception de l’électronique ou des batteries est évidemment pris en compte. C’est clairement le point faible des véhicules électriques. La fabrication d’un véhicule électrique serait plus polluante que celle d’un véhicule électrique de 30%, d’après Transport & Environment. Reste à voir ce que ça donne à l’usage…

Il est important de prendre en compte le cycle de vie complet des véhicules pour comprendre lesquels sont les plus polluants. La fabrication doit être prise en compte, mais l’usage dans le temps des véhicules doit également faire partie des éléments observés. C’est précisément ce que propose la fédération européenne sur sa plateforme. L’outil calcule le cycle de vie d’un véhicule sur 225 000 kms. Gardons tout de même à l’esprit que les véhicules électriques peuvent aller jusqu’à 500 000 kilomètres, à l’image des Tesla d’Elon Musk.

Les voitures électriques françaises sont 80% moins polluantes que les véhicules thermiques

L’outil développé par Transport & Environment permet de comparer la pollution des voitures électriques en fonction du pays dans lequel elles sont utilisées. La plateforme montre qu’en réalité, dans le pire des cas, une voiture électrique avec une batterie produite en Chine et utilisée en Pologne émet quand même 22% de CO2 de moins que le diesel et 28% de moins que l’essence. Une voiture électrique produite et conduite en France est moins polluante de 80% par rapport à une essence ou un diesel.

Graphique sur les niveaux de pollution des voitures électriques.

Crédit : Transport & Environment

Selon Lucien Mathieu, analyste transport et éco-mobilité chez Transport & Environment :

“Cet outil met fin au mythe selon lequel conduire une voiture électrique en Europe peut être pire pour le climat qu’un véhicule diesel ou un carburant équivalent. Ce n’est tout simplement pas vrai. Les données les plus récentes montrent que les voitures électriques dans l’UE émettent en moyenne près de trois fois moins de CO2″.