Avec la crise sanitaire et économique actuelle Neil Campling, un analyste britannique interrogé par CNBC estime que les entreprises technologiques européennes sont vulnérables aux rachats chinois. Margrethe Vestager, la vice-présidente exécutive de la Commission européenne suggère aux états de l’UE de prendre des participations dans les entreprises affaiblies afin d’écarter ce risque.

La valeur des entreprises technologiques européennes en forte baisse en 2020

Depuis le début 2020 la valeur du fabricant d’équipements de réseau Nokia a perdu 9,6%, Ericsson 2%, le fabricant de puces Infineon a perdu 20%, et STMicro Electronics 7,5% de valeur. Des pertes liées à la pandémie qui rendent ces entreprises européennes particulièrement vulnérables à l’appétit des entreprises chinoises.

Pour Neil Campling, responsable de la recherche sur la technologie, les médias et les télécommunications chez Mirabaud Securities, « l’Europe est vulnérable parce que le continent est à la traîne par rapport à la Chine et aux États-Unis en termes de croissance économique et d’innovation ».

Aux États-Unis le Comité pour l’investissement étranger, chargé d’étudier les prises de participations étrangères au sein d’entreprises américaines a constaté une hausse des OPA chinoise dans la période récente. Une situation qui pourrait s’intensifier sur le Vieux Continent alors que les États-Unis, en guerre commerciale contre la Chine et notamment avec Huawei dans le secteur stratégique de la 5G bloquent de plus en plus les opérations chinoises.

Ce danger qui pèse sur les entreprises stratégiques européennes, la Commission européenne en a parfaitement conscience. Une actualisation de la réglementation sur la concurrence chapeautée par Margrethe Vestager, commissaire à la concurrence est prévue pour juin.

Venir faire des affaires oui, de façon déloyale non

Interrogée le 12 avril par le Financial Times la vice-présidente exécutive de la Commission européenne s’est dit consciente qu’il « existe un risque réel que des entreprises vulnérables fassent l’objet d’un rachat » tout en précisant que « Les gens sont plus que bienvenus pour venir faire des affaires en Europe, mais pas pour le faire avec des moyens concurrentiels déloyaux ».

Dans la même interview s’est dit ouverte à ce que « les États agissent en tant qu’acteurs du marché si nécessaire […] s’ils veulent empêcher un rachat ». Une situation qui pourrait amener en cas de campagne de rachat agressif certains états européens jusque-là rétifs à aligner leurs positions sur celle des États-Unis pour une entreprise comme Huawei, l’un des équipementiers majeurs de la 5G sur le continent.