Lorsque l’OMS a déclaré que le coronavirus mettait le monde en état d’urgence sanitaire, sur Twitter, certaines actions ne sont pas passées inaperçues. Particulièrement les retweets d’un compte russe. Ces derniers concernaient principalement des articles d’un blog américain dont le contenu mis en avant aurait contribué à la désinformation. Le Président Poutine aurait un rôle à jouer dans cette histoire.

Une campagne pour discréditer les responsables et politiques

Le New York Times a mené une longue enquête publiée le 13 avril. En se basant sur des émissions russes, des interviews, mais aussi des documents et des tweets, les journalistes ont pu déduire que depuis une décennie, Poutine contribue largement à des campagnes de désinformation visant à discréditer des responsables américains. Récemment, c’est dans d’importantes vagues de désinformations concernant le coronavirus que serait impliqué Vladimir Poutine, et plus globalement la Russie.

Depuis longtemps, le domaine de la santé est particulièrement visé par la Russie. Les campagnes de désinformations laissent principalement entendre que les épidémies virales, comme la grippe ou Ebola et désormais le coronavirus sont des créations de scientifiques américains. Un autre objectif est aussi de mettre à mal la confiance des populations envers les vaccins, il s’agit donc de “semer le manque de confiance envers les institutions gouvernementales”, selon Peter Pomerantsev, l’auteur d’un livre sur la désinformation.

Les campagnes de désinformation lancées par la Russie ne passent que très rarement inaperçues, bien souvent les réseaux sociaux y mettent fin. Facebook par exemple a supprimé des centaines de comptes russes, une filiale de Google s’est fait remarquer pour s’être offert sa propre campagne russe de désinformation. YouTube est également une bonne cible pour la désinformation, de faux reportages sont créés pour tromper les algorithmes, pour la Russie c’est le canal à utiliser par excellence. Certaines vidéos, créées et mises en ligne par RT, le réseau de télévision russe, peuvent cumuler jusqu’à un million de vues par jour.

Poutine et la désinformation, une longue histoire

En 1975 et pendant 16 années, Poutine a travaillé pour le KGB, la redoutable agence de renseignements de l’Union Soviétique. Déjà l’un de ses objectifs principaux était de travailler sur la désinformation. Il obligeait les officiers à consacrer un quart de leur travail à cela. Le New York Times rapporte que plusieurs campagnes menées pendant son contrat au sein de l’agence ont été des succès. Notamment celle visant à faire croire que le virus du SIDA est une arme raciale développée par l’armée américaine.

Tout au long de sa carrière professionnelle, Poutine semble donc s’être attaché à produire et propager autant de désinformation que possible. Année après année, chaque épidémie d’origine naturelle devenait donc la faute des États-Unis. C’est également le cas de l’épidémie de H1N1 qui a eu lieu en 2009. Durant la propagation de ce virus, RT faisait appel à un correspondait présent à Washington, M. Madsen qui avait déclaré, sous couvert de sa casquette de journaliste d’investigation “Le monde est en train de combattre une tragédie d’origine humaine”. Alors même que les scientifiques avaient démontré l’inverse. Et ces exemples ne sont qu’une infime partie des différentes campagnes menées par Poutine…

Poutine, une menace supplémentaire pour le coronavirus

Si l’on en croit la logique du Président russe, il était inévitable qu’il se lance dans une campagne de désinformation concernant le coronavirus. Cette fois, elle aurait été faite de façon plus subtile. Des analystes indiquent que les trolls chargés de faire circuler les fausses informations pourraient ou auraient déjà payé des citoyens américains pour la publication de ces éléments.

Cela a été constaté par Léa Gabrielle, chef du Global Engagement Center du Département d’État, qui est chargée de lutter contre la désinformation. Selon ses propos, Moscou cherche à profiter de cette nouvelle épidémie pour semer le chaos et diviser l’opinion publique. “L’ensemble de l’écosystème de la désinformation russe a été engagé“, a-t- elle déclaré. Elle a ajouté que les chercheurs américains ont trouvé «des sites Web de proxy d’État russes, des médias officiels d’État, ainsi que des nuées de fausses personnalités en ligne poussant de fausses histoires”. Des éléments évidemment réfutés par RT.

Une chose est sûre, les États-Unis, touchés de plein fouet par la crise sanitaire liée au coronavirus, n’avaient pas besoin de l’ennui provoqué par la Russie.