La décision rendue par le tribunal de Nanterre est tombée le 14 avril dans l’après-midi. La justice française estime que la filiale d’Amazon en France n’a pas suffisamment protégé ses salariés en entrepôts. Pour cette raison, Amazon France doit dès à présent restreindre son activité aux « marchandises essentielles ».

Seules les marchandises essentielles seront encore livrées

Déjà, le 23 mars, Amazon disait avoir suspendu les commandes non vitales à destination de la France et de l’Italie pour pouvoir faire face à l’afflux de commandes d’extrême urgence. Une décision qui émanait de la direction de l’entreprise. Cette fois-ci, Amazon France ne décide plus. Désormais, c’est la justice française et le syndicat Sud Commerce, à l’origine de la plainte, qui mènent la danse.

En effet, le tribunal de Nanterre a estimé que : « de façon claire et évidente, Amazon a méconnu son obligation de sécurité et de prévention de la santé des salariés ». Une évaluation des risques doit être effectuée dans les entrepôts français pour mieux protéger les salariés. Le tribunal a donc décidé de limiter les activités du géant américain sur le territoire français en le contraignant à ne livrer plus que certaines marchandises, considérées comme « essentielles ».

Parmi les choses que vous pourrez toujours acheter, nous retrouvons des produits de première nécessité comme l’alimentation, l’hygiène ou la santé. En revanche, et pour une durée indéterminée, vous ne pourrez plus effectuer de commandes contenant des produits considérés comme du loisir, ni de produits culturels. En outre, les smartphones, tablettes livres, jeux vidéo ou jouets ne seront plus livrés.

Amazon France s’expose à une amende d’un million d’euros par infraction

Aux États-Unis, un entrepôt avait dû fermer le 20 mars car un employé était contrôlé positif au Covid-19. Il s’agit de la première fermeture pour Amazon. L’entrepôt en question se trouve à proximité de New York, épicentre de la pandémie dans le pays. À l’époque, Amazon déclarait à la presse qu’elle prenait des mesures drastiques pour éviter la propagation du virus dans ses entrepôts. L’entreprise de Jeff Bezos disait procéder à un nettoyage plus important que d’habitude. La direction demandait aussi à ses employés d’observer plus d’espace entre eux. Cela n’aura pas suffi.

Si la décision de justice rendue par le tribunal de Nanterre n’est pas respectée, Amazon s’expose à de lourdes sanctions : un million d’euros par jour de retard et par infraction constatée. L’entreprise a d’ores et déjà annoncé qu’elle ferait appel. Amazon estime que : « nous sommes en désaccord avec la décision rendue aujourd’hui par le tribunal de Nanterre. Nous évaluons actuellement ses implications pour nos sites logistiques français. Nous continuerons également à travailler avec toutes les parties prenantes et à apporter les éclaircissements nécessaires comme nous l’avons fait depuis le début de cette crise sans précédent ».