À l’instar de TraceTogether, une application déployée à Singapour qui permet à une personne de savoir si elle a croisé des personnes infectées au covid-19, la France aura prochainement son application. C’est en tout ce qu’a annoncé Emmanuel Macron, hier soir, pendant sa déclaration. Le gouvernement serait-il sur le point de suivre chacun de nos déplacements ? Pas exactement.

Une application sécurisée aux données anonymisées

Hier soir, le Président de la République s’est exprimé sur la crise sanitaire liée au Covid-19 que nous traversons actuellement. Il a évoqué un possible début de déconfinement le 11 mai prochain, a condition que le confinement soit strictement respecté d’ici là pour endiguer au maximum la propagation du virus. Il a profité de ce discours pour confirmer l’arrivée prochaine d’une application qui permettra de suivre si oui ou non nous avons été en contact avec une personne malade.

Bien que pour l’heure, aucun nom ne soit indiqué pour cette future application, elle pourrait s’appeler StopCovid. Cette application n’aura rien d’obligatoire et se basera sur l’anonymat des utilisateurs. Leurs données privées seront ainsi épargnées, puisque l’application pourrait fonctionner à partir de l’identifiant de chaque téléphone portable. Cependant, Internet Society France en appelle déjà à la vigilance quant à l’utilisation de cette application.

Alors qu’il y a quelques jours, une application européenne unique était évoquée, cela ne serait pas dans les plans du Président de la République. Il a déclaré au sujet du projet visiblement national, “Vous en avez sûrement entendu parler. Le gouvernement aura à y travailler, il ne faut négliger aucune piste, aucune innovation”.

Savoir si vous croisez des malades du Covid-19… oui, mais quand ?

D’ici le 11 mai, des débats vont avoir lieu au sujet de cette application. Les autorités seront aussi sollicitées pour l’encadrement de cet outil. À terme, c’est dans quelques mois que l’application devrait voir le jour, probablement après le déconfinement et c’est là un élément à la fois important, mais qui soulève des questions.

On pourrait notamment s’interroger sur l’intérêt d’une telle application si elle n’est pas proposée dès la fin du confinement, afin de mieux visualiser la propagation du virus. Et face à cela un enjeu majeur, la complexité de développer une application utilisée à grande échelle en si peu de temps. Il faudra aussi qu’elle soit définitivement approuvée par les autorités. Pour l’heure, la CNIL ne s’est pas opposée à ce projet d’application.